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La chienlit l’emportera

10 Oct

Remis au cœur de l’actualité par Sarkozy, le terme de « chienlit », qu’il a utilisé pour qualifier les évènements d’Air France fait apparaître, derrière ce petit homme, l’ombre immense du général de Gaulle.

Avec ce mot, c’est tout l’imaginaire et le souvenir de Mai 68, qu’il convoque et qui pourrait nous inspirer pour crier à nouveau haut et fort « la chienlit c’est lui ! ».

 

 

 Mais la chienlit qu’est-ce que c’est ?

Ce mot vient de chie-en-lit, autrement dit chier dans son lit et désigne à l’origine un personnage typique du carnaval de Paris (qui était un gros dégueu qui avait fait caca dans sa chemise de nuit).

Devenu « la chienlit », le terme a été popularisé par le Général de Gaulle en 1968 lorsqu’il prononça son fameux « La réforme, oui ; la chienlit, non ».

Parler aujourd’hui de « chienlit », surtout quand on est un politique, est forcément une référence directe à cet héritage.

Notons ici, que notre cher premier ministre Manuel Valls, en réagissant aux propos de Sarkozy, a en fait dit exactement la même chose. Il a, en effet, affirmé : « « Le pays a besoin de réforme, mais il n’a pas besoin de rupture ».

Il a ajouté : « Il y a, je crois, deux visions différentes qui s’affirment aujourd’hui dans notre société. C’est tant mieux pour le débat public. La réforme, respectueuse de l’ordre public et de l’ordre social, et la rupture, une rupture qui mettrait à bas le modèle social français. Et c’est ainsi, je crois, que les Français doivent faire dans les mois qui viennent des choix pour l’avenir du pays ».

Petite étude de texte.

Il n’y a donc que deux visions différentes seulement, et c’est tant mieux. A plus de deux visions des choses, on est obligé de remettre en cause certaines de ses certitudes et c’est fatiguant pour le cerveau (dont la plus grande maladie est de réfléchir, rappelons-le).

Examinons ces deux seules visions possibles :

Position 1 : la réforme. Mais la réforme « respectueuse » de l’ordre public et social. Autrement dit de l’ordre établi ? Tout changer pour que rien ne change en quelques sortes…

La réforme ne devrait-elle pas avoir pour but de maintenir et renforcer l’Etat social (et non pas seulement l’ordre public, ça ce sont les dérives sécuritaires issues de la droite) ?

Position 2 : La rupture. Qui mettrait forcément à bas le modèle social français.

Ah bon ? Parce que, tel que ça évolue actuellement, le modèle social ne va pas disparaître ?

 

Concours de caca 

Mais revenons-en à ce terme de « chienlit » et sur les évènements qui nous ont valu la remise au goût du jour de ce mot fleuri.

Le fait que les évènements aient eu lieu à Air France est symbolique.

En 1968, tous les transports étaient arrêtés, paralysant le pays pour que les revendications soient entendues. La grève avait convaincu un grand nombre de citoyens et instauré un certain désordre, visant plus de droits et une libération culturelle.

Aujourd’hui, des employés à qui on demande d’être courtois, dévoués à leur entreprise, de se serrer la ceinture parce que « voyez-vous ma bonne dame c’est la crise ! », et à qui on gèle les salaires, puis qu’on congédie sans état d’âme, ne devraient pas s’emporter.

Leur action est un outrage extrême, une manifestation de la plus brutale sauvagerie, qui a partout ému la nation : deux hommes se sont fait déchirer leur chemise.

Comment vont-ils faire pour surmonter cette épreuve ?

Rassurez-vous, d’après nos calculs savants, ils s’en sortiront :

En effet, le salaire moyen d’un cadre en France en 2015 (donc c’est une estimation basse) est de 4 013 €.

La femme qui s’exprime dans l’autre vidéo virale de ces derniers jours affirme être payée 1 800€.

Nous conviendrons donc que les cadres d’Air France n’ont pas l’air de penser que ce soit indécent de vivre avec 1 800€ par mois. Ils seront donc d’accord pour considérer que 1 800€ suffisent à couvrir les besoins quotidiens de quelqu’un.

D’où le petit calcul suivant :

Si on évalue l’écart de salaire entre un cadre moyen et un salaire de 1800€, on obtient 2 213 €. Sachant qu’une chemise Ralph Lauren coûte environ 250€ (si j’enlève les 1 800€ pour ses besoins quotidiens) il pourra se racheter environ 8 chemises le mois prochain (et si ce sont des chemises la Redoute, il pourra s’en racheter 79). Donc pas de panique, ils auront de quoi re-remplir leur garde robe.

 

Bon… Et la violence psychologique de se faire malmener par des enragés ?

Ne nous méprenons pas : je suis tout à fait d’accord qu’il faut condamner la violence. Et il y a des cons partout. Je ne cherche pas ici à angéliser les syndicats d’Air France (qui agacent régulièrement de nombreuses personnes en faisant grève au moment des vacances), ni ceux qui ont arraché leurs chemises à ces messieurs.

Mais je veux dénoncer un système politico-médiatique qui ne voit de violence que directe et visible, pour véhiculer des images choc.

Toute les violences plus indirectes de notre société (liées à des choix (ou des non-choix) politiques), dont des décisions de licenciement qui peuvent briser des vies, elles, sont relativisées.

Ces deux hommes se sont fait malmener par des enragés, mais n’est-ce pas aussi le cas de beaucoup de nos concitoyens ? Des employés remerciés sans merci par des financiers qui considèrent les gens comme des chiffres, des pions interchangeables…

Alors, qui sont les vrais enragés ?

 

La Terreur

Au delà de la « punch line » sur la Chienlit, Sarkozy a dit d’autres choses tout aussi intéressantes : « On n’est pas en 1793. On ne peut pas accepter que deux dirigeants soient au bord de se faire lyncher par des hommes en tenue de syndicaliste, avec des syndicats qui ont pignon sur rue et qui ont tous appelé à voter pour Hollande en 2012. »

 1793 c’est l’année où Louis XVI a été guillotiné, mais aussi le début de la Terreur, une période où les exécutions de masse et l’arbitraire régnaient en maîtres.

Guillotine et bousculade, même combat ?

 

Monsieur Sarkozy aurait pu faire le parallèle avec une autre date, bien plus importante et pertinente dans le cas qui nous intéresse : la nuit du 4 août 1789, où a eu lieu l’abolition des privilèges.

Depuis la prise de la bastille en juillet 1789, dans certaines régions, des paysans s’en sont pris aux seigneurs, à leurs biens et à leurs archives, en particulier les livres terriers qui servaient à établir les droits seigneuriaux.

Pas de décapitation en vue, mais de justes revendications d’un peuple qui en avait marre de faire tous les efforts pour des gens qui s’engraissaient sur son dos.

 

Pour ce qui est de la deuxième partie de son intervention, on a ici un amalgame de plein de choses… Mais c’est une habile technique de communication que de faire coïncider dans la même phrase « lyncher » et « ont tous appelé à voter Hollande ». Dans le cerveau des gens, l’association d’idée devient : Ces syndicalistes sont les amis d’Hollande. C’est l’anarchie parce qu’il est au pouvoir.

Cet incident n’est-il justement pas plutôt le résultat d’un mécontentement grandissant envers un président qui se dit de gauche mais applique doctement une politique de droite ?

 

La Chienlit c’est nous

Pour finir, revenons à Mai 68.

Ces événements constituent une période et l’une des ruptures marquantes de l’histoire contemporaine française. Ils ont été caractérisés par une vaste révolte spontanée antiautoritaire, de nature à la fois culturelle, sociale et politique, dirigée contre la société traditionnelle, le capitalisme, l’impérialisme et, plus immédiatement, contre le pouvoir gaulliste en place.

Enclenchée par une révolte de la jeunesse étudiante parisienne, puis gagnant le monde ouvrier et pratiquement toutes les catégories de population sur l’ensemble du territoire, elle reste le plus important mouvement social de l’histoire de France du XXe siècle. (Merci Wikipédia pour ce résumé)

La Chienlit, dont parlait de Gaulle et dont parle Sarko, c’est donc ça : La révolte contre un système sclérosé qui ne convient plus aux nouvelles générations et à ceux qu’il opprime.

Les jeunes et les plus défavorisés sont considérés avec une certaine arrogance, mais les enfants de la République, qui pour certaines chient-encore-au-lit dans leur couche, sont les forces vives de demain.

Et quand les merdeux se lèvent, les autorités font dans leur culotte, parce que nous sommes nombreux et que, même si l’individualisme nous le cache souvent, nous pouvons faire changer les choses si nous agissons ensemble.

Les revendications de Mai 1968 ne semblent pas si éloignées de celles que nous pourrions avoir aujourd’hui, comme nous l’apprend un article du Figaro datant de 1968 : « Sur un plan plus élevé, il semble bien que le pouvoir, après ces événements, ressente le besoin d’une consultation populaire, qui prendrait la forme d’un référendum sur la participation des travailleurs au bénéfice des entreprises. »

47 ans plus tard, les choses n’ont pas tellement changé…

Déjà à l’époque, le gouvernement avait « mis en garde contre des revendications qui à moins de deux mois de l’entrée en vigueur du Marché commun mettraient en péril la compétitivité de la France et par conséquent la stabilité de l’emploi. »

Et oui, parce qu’aujourd’hui l’excuse c’est la « crise« , mais il y a toujours une bonne excuse pour repousser à demain les lendemains qui chantent.

Alors faut-il un nouveau Mai 68 ? Peut-être ou peut-être pas.

Nous pourrions aussi imaginer d’autres solutions, d’autres modes d’action. Nous pouvons réinventer le monde. Nous pouvons faire advenir l’environnement dans lequel nous voulons vivre. Nous pouvons trouver d’autres idées que celles, insatisfaisantes, qu’on nous présente comme du pragmatisme.

Déjà en 1968, un slogan (attribué à Che Guevara) nous disait : « Soyez réalistes, demandez l’impossible. »

 

Nous ne voulons plus être « réalistes ».

 

Manuel Valls rejette toute « rupture » avec l’ordre établi.

Nous sommes nombreux à penser que l’ordre établi n’est pas satisfaisant. Nous sommes nombreux à souhaiter un monde plus juste, avec plus de liberté, d’égalité et de fraternité. Et nous souhaitons que ces mots retrouvent un sens, une profondeur, dont les discours creux de certains politiques, des publicitaires et de la plupart des médias les ont vidés. Pour cela, nous avons une arme : l’imagination.

 

Imaginons de nouvelles utopies pour notre monde et faisons-les advenir.

Osons ! Nous n’avons rien à perdre, nous sommes déjà dans la merde.

Et puis, tout le monde le sait : c’est sur les excréments que poussent le mieux les fleurs.

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Qui veut la peau des féministes #2 – Les Geeks

17 Nov

Entre les Gamers et les féministes, le câble Ethernet brûle.

La polémique, qui a adopté le doux nom de « Gamergate* », est de plus en plus nourrie par de nouveaux faits divers. Plutôt que de faire la liste de ces « affaires » (avec comme mots clefs 4Chan, Jeuxvidéos.com, Zoe Quinn, Anita Sarkeesia, Mar_Lard ou encore Jenn Frank), qui ont été largement commentées dans les médias, peut-être serait-il temps de se poser un peu pour réfléchir aux raisons de cette haine viscérale entre Geeks et les féministes.

 * Rappelons ici que le Gamergate concerne au départ la critique de la collusion entre les journalistes et les développeurs dans le milieu du jeu vidéo, mais que les attaques personnelles concernant Zoe Quinn et notamment sa vie sexuelle ont fait déraper le débat vers la question de la haine des Gamers pour les féministes.

  • Deux populations stéréotypées

Entre les ados boutonneux mal baisés et frustrés et les militantes hystériques mal baisées et frustrées, choisis ton camp. Quand deux groupes de frustrés-mal baisés se rencontrent, forcément ça fait des chocapics.

Cette guerre des tranchées est basée sur un malentendu profond entre les deux groupes.

Les féministes considèrent les Geeks comme des « adolescents prépubères et vaguement masturbateurs, terrifiés de voir que le média se diversifie et ne répond plus à leurs aspirations(1) ».

Le profil type du Geek est donc un homme, hétérosexuel, blanc, misogyne, frustré, vieux garçon, puceau, moche et boutonneux. Il hait les femmes parce que les femmes le rejettent. Il lutte donc pour avoir le droit de mater des « big boobs » et du string à gogo dans ses jeux vidéo.

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source de l’image : http://www.journaldugeek.com/2014/01/31/pal-pour-vous-quest-ce-quun-geek/

En face, nous avons les féministes, que les Gamers appellent ironiquement les « Social Justice Warriors », qui, elles, sont des femmes casse-couilles, hystériques, névrosées, végétaliennes et moches (2). Si elles s’attaquent aux Gamers, c’est parce que ce sont des hommes qui dominent le monde du jeux vidéos et que le but des féminisme est de prendre l’ascendant sur tous les secteurs, de couper les couilles de tous les hommes et de se victimiser en trouvant la moindre excuse pour dénoncer des discrimination.

féministe stéréotype

Avant de vous expliquer que ces représentations sont stéréotypées et fausses (ce que vous vous avez vu venir à 12,2 km (tout comme vous savez des les 3 premières minutes d’une comédie romantique que Hugh Grant et Sandra Bullock vont finir ensemble ou que, oui, Tom Cruise sauvera la terre)), penchons nous sur la part des Gamers effectivement composée d’adolescents potentiellement frustrés.

En effet, un certain nombre de polémiques ont éclaté sur deux forums du site jeuxvidéos.com : le blabla 15/18 et le blabla 18/25.

Si on regarde les sujets sur le féminisme, on trouve ça :

 topics féministes jvcom

Donc on est en droit de se demander : pourquoi tant de haine ?

  • Une guerre 2.0

Notons que cette opposition se passe sur internet, qui n’est pas un terrain neutre, mais un champ ayant ses propres façons de fonctionner.

Au pays des Trolls, les attaques deviennent facilement personnelles. Quand quelqu’un émet une opinion en commentaire sur un article ou autre, la situation dégénère en moins de temps qu’il n’en faut pour dire « Troll ». Lorsque le propos est féministe, la personne est taxée de voir le mal partout et d’être une hystérique mal baisée cherchant à se victimiser. Quand le propos critique une prise de position féministe, la personne est accusée de faire l’apologie de la violence envers les femmes et de ne sans doute pas avoir sa conscience pour lui pour affirmer des choses pareilles.

Rapidement on est sorti du débat d’idée pour attaquer la personne elle-même.

Or, sur internet, l’anonymat est généralement de mise. Les coups sont donc portés à l’aveugle. Par pur préjugé.

L’anonymat permet dans le même temps de faire preuve de méchanceté et d’agressivité en toute impunité : blagues sur le physique, le surpoids et injures adressées au femmes témoignant contre le harcèlement de rue, menaces de viol et de diffusion de données personnelles ont été nombreuses ce derniers temps.

Sur jeuxvidéo.com, ils appellent cela des Raids. Ces derniers consistent à attaquer personnellement une personne ayant fait des commentaires leur ayant déplu, en appelant au viol ou encore à un “génocide de lesbiennes frustrées“.

raid jvcom féministes

Mais les attaques se sont propagées à d’autres sites comme Doctissimo (on notera l’adresse mail « SalePuteTuVaCrever ») :

harcèlement jvcom

Ne m’arrêtant pas à un « s*le p*te », j’ai creusé un peu plus pour voir ce que ceux qui argumentent un minimum reprochent aux Social Justice Warriors.

  • Vous n’avez pas le monopole de la souffrance

Parlant du projet Crocodile, certains membres du forum reprochent à l’auteur de dessiner tous les hommes en crocodile.

Le but de l’auteur est de montrer que le harcèlement n’est pas le fait de malades isolés ou de connards notoires, mais que n’importe qui peut s’avérer être un harceleur. Or, pour des jeunes hommes en train de construire leur identité, ça peut aussi sembler être une injonction contradictoire de plus. Ils reprochent notamment une angélisation des femmes par ce procédé.

Ainsi, un commentaire suggère :

« Ce que je vous propose, c’est de réaliser ensemble le « Projet Chattes » ( 🙂 ) .
Toutes les femmes seront évidemment représentées par une tête de chatte. Il vous suffit d’écrire sur ce topic votre témoignage et de me décrire la fois où vous avez le plus souffert à cause d’une fille (que ce soit une fille que vous ayez dragué, une ex, votre copine actuelle, etc…). Si vous vous êtes senti terriblement humilié, blessé, meurtri, votre témoignage m’intéresse :).  »

Cette initiative a pour but de montrer que les hommes aussi souffrent.

Passons sur le bon goût de nommer cela le « projet chattes ».

Effectivement, les hommes souffrent aussi. Mais il semble que dans les exemples que cette personne cherche à récolter, il s’agit davantage de récits de filles ayant blessé l’égo ou le cœur d’un homme. Alors que dans le projet Crocodile, il s’agit de récits concernant des personnes qui se passent du consentement d’autres personnes. On y parle d’attouchements, de propositions déplacées (ex : coucher pour avoir un poste), ou encore de viol. Et là on ne parle pas de sentiments, mais bien d’un rapport au corps, à l’objectivation d’une personne pour assouvir les désirs d’une autre.

Une critique un peu plus aboutie a été réalisée par un jeune (et talentueux) dessinateur de 22 ans dans un post de son blog « J’aime ça » où il présente un « Projet vipères » pour rendre la pareille aux femmes. Notons que 26 371 personnes aiment ça.

Il explique :

« Les hommes ne souffrent pas ni plus ni moins que les femmes. Leur souffrance est simplement différente. Ce n’est pas en divisant et en sexualisant tous nos problèmes que la situation s’améliorera. »

L’idée est alors de mettre en perspective les violences faites aux femmes et celles faites aux hommes :

Les femmes sont davantage victimes de viol ? Les hommes sont davantage victimes d’homicides et se suicident plus. La prostitution touche d’avantage les femmes ? les hommes sont surreprésentés parmi les SDF. Les femmes sont désavantagées dans le monde professionnel ? Les hommes le sont dans les décisions de justice et notamment dans les questions de garde des enfants en cas de séparation.

Moi-même j’ai déjà reçu des commentaires sur ce blog m’expliquant que les hommes eux aussi sont victimes de discrimination. Par exemple, concernant la beauté, un homme affirme : « je pourrais affirmer que certaines femmes sont pires à l’égard des hommes qui ne seraient pas semblables à leurs égéries bodybuldées/beau gosses qu’elles voient tous les jours. »

En effet, il semble que ça ferait du bien à de nombreuses féministes – dont moi (il faut toujours sentir des aisselles avant de tordre le nez face à celle de son voisin (proverbe chinois inventé pour l’occasion)) – de parfois prendre un peu de recul face à leur combat et reconnaître qu’à force de se focaliser sur le sexisme, on finit par en voir partout et chipoter. Mais il s’agirait surtout de ne pas minimiser d’autres inégalités, mais aussi de toujours garder en tête que le sexisme va dans les deux sens.

Cependant, chers amis Gamers, ou lecteur dissident, qui vous léchez les babines face à ce dernier paragraphe, vous aussi sentez vos aisselles avant de critiquer les féministes. Si vous exigez d’elles de s’ouvrir à d’autres combats, alors acceptez d’ouvrir votre propre vision du monde. Peut-être qu’effectivement des individus veulent développer des jeux différents ou jouer de façon différente. Peut-être pouvez vous ranger vos représentations et clichés pendant 5 minutes et reconnaître que certaines femmes peuvent être excellentes aux jeux vidéos et qu’il n’est pas nécessaire et séparer hommes et femmes dans les compétitions.

En fait, tout est un problème de focalisation. Une focalisation de chacun sur son monde et ses problèmes. Mais c’est presque inévitable si on veut faire réfléchir les gens sur une question et amener les mentalités à évoluer à terme.

Quand on s’attaque à un problème social, notamment dans un article de blog ou de journal, on doit cadrer son propos. Si on commence à vouloir attirer l’attention sur tous les malheurs du monde d’un coup, cela nuit à la clarté du propos. Si, par exemple, je fais un article sur le fait que, structurellement, la beauté est davantage mise en avant chez les femmes et la réussite professionnelle chez les hommes, mais que je précise que la beauté est un construit subjectif et que selon les milieux sociaux elle diffère, que les hommes peuvent aussi être discriminés sur leur physique, que l’intelligence est également valorisée chez les femmes, que ceci est une représentation hétéro-centrée, parce que les lesbiennes et les gays ne sont pas réellement intégrés dans cet univers de représentation, que c’est également une vision que se centre sur la culture occidentale concernant les représentations homme-femme et que d’autres cultures voient les choses différemment…etc etc etc.

Bref, à la fin j’aurais mis tellement de bémols dans ce dont je voulais parler qu’on ne verrait plus quel était réellement le problème et puis… il semblerait alors que ce problème soit marginal, donc qu’il soit inutile de s’en préoccuper, et puis : t’as des chiffres de ce que tu avances ?

  • Incroyable, pourquoi chaque fois que nous construire grande muraille, les féministes débarquer pour tout casser!

Quand on a conscience de tout cela. On se demande parfois si ça sert vraiment à quelque chose de continuer.

La tendance est à renvoyer à la figure des féministes que de nombreuses personnes ne se retrouvent pas dans leur combat, avec le fameux mouvement #NotAFeminist.

Le mouvement #NotYourShield, qui vise à montrer aux féministes qu’elles se trompent sur qui sont les Gamers utilise le même mode d’attaque.

Un des participants affirme par exemple : « Nous n’avons pas besoin des Social Justice Warrior pour faire la police de nos pensées, censurer nos opinions, étouffer notre créativité, nous engorger avec leurs intentions. »

Ok.

J’accepte votre position.
Mais j’aimerais quand même dire que cet argument peut-être retourné. Parce que quand les féministes se permettent de faire une remarque, elles doivent elles aussi faire face à une police de la pensée, voient leurs opinions censurées, leur créativité étouffée et leurs intentions engorgées.

Comme le dit Mar_Lard, figure de proue du mouvement pour donner une place aux femmes dans le monde du jeu vidéo, qui a décidé de rendre sa manette parce qu’elle n’en pouvait plus d’être harcelée : « Le féminisme, c’est un des meilleurs aimants à merde qui existe. »

Et pourtant, en plein débat sur le « Geekshaming » dans les médias, peut-être serait-il temps que les féministes et les geeks s’écoutent un peu au lieu de se « troller » mutuellement et de laisser la violence escalader. Ces deux groupes sont victimes de représentations stéréotypées, augmentées par la visibilité des personnes et des commentaires correspondant le plus aux clichés.

 Soutenons-nous au lieu de nous tirer dans les pattes.

Game Over.

(1) L. Davoust, conférence sur féminisme et Science Fiction, Utopiales 2014

(2) Tous ces mots-clefs sont tirés de l’article de blog de « j’aime-ca.org » rejetant la focalisation faite sur le harcèlement de rue. Nous revenons sur cet article plus loin.

Pour voir le premier article de cette série, c’est par ici !

Norman fait des stéréotypes

9 Oct

Pendant longtemps, j’ai commis l’erreur de penser que le racisme ou le sexisme ne se manifestaient que lorsqu’il y avait une discrimination fondée sur une différence.

Par discrimination, j’entends ici, par exemple, penser que les trompettistes-cyclistes ne pourront jamais marcher sur la lune. C’est méchant.

Et puis j’ai fait un workshop sur le racisme en Allemagne, et j’ai découvert qu’il existait un racisme « positif ». C’est à dire que considérer que tous les noirs courent plus vite ou sont meilleurs au lit, c’est raciste même si c’est sympa pour eux.

En effet, on part du principe que toute une catégorie de population, ici les noirs, possède des caractéristiques différente des autres, les blancs, les jaunes ou les bleus. C’est cette généralisation qui constitue le racisme, et pas son contenu. De même, ce n’est pas parce qu’on dit des choses gentilles sur les femmes que l’on n’est pas sexiste. Dire aux femmes qu’elles sont plus douces, intelligentes, raisonnables, intègres et que « Vouuus les femmes, vouuuuus le charme …. Vouuuuuus l’instinct maternel, vouuuuuus qui sentez bon des aisselles», c’est sexiste. Parce que ça suppose que TOUTES les femmes sont comme ça, ou du moins toutes les « vraies » femmes.

Norman a fait cette erreur dans sa dernière vidéo. En voulant encenser les soi-disant choses que les femmes feraient mieux que les hommes, il expose une série de clichés qui n’ont aucune réalité concrète. Je dirais même plus, il s’agit de stéréotypes inédits. De plus, ses affirmations sont, en creux, très sexiste pour les hommes qui sont considérés comme étant tous dépourvus de ces différentes « qualités ».

Selon Norman, les femmes pourraient donc faire deux choses en même temps, seraient plus observatrices, seraient plus résistantes à la douleur, auraient davantage le sens de l’orientation, un instinct maternel, sauraient prévoir, seraient plus matures agiraient sans arrière pensée, auraient plus de mémoire et seraient plus solidaires.

 

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Suivant la grande habitude de Norman lui-même, nous allons montrer que tout ça est « FAUX ! ».

 

1/ Faire deux choses en même temps, l’observation, une bonne mémoire et l’orientation 

Clichés que Norman veut combattre : Les femmes ne savent pas lire une carte, les femmes conduisent moins bien, ont des problèmes de représentation de l’espace (c’est pour ça qu’elles sont nulles en maths).

Clichés instaurés par sa vidéo : les hommes ont besoin des femmes car ils ne savent pas où sont leurs affaires (sans doute parce que c’est une femme qui lave, repasse et range leurs affaires), les hommes sont monotâches, les hommes sont perdus sans une femme pour les guider.

Problèmes derrière ces nouvelles affirmations : Dans une société où les femmes sont moins payées que les hommes pour le même emploi et peinent à dépasser le plafond de verre, il semble presque populiste de doter les femmes de toutes ces qualités. Si elles sont si géniales, pourquoi sont-elles si peu présentes dans les hautes sphères professionnelles ? Et peut-être que c’est le fait justement de devoir gérer plein de choses (la double journée de la mère de famille par exemple), le fait d’évoluer dans un environnement plutôt hostile (harcèlement de rue etc) et de devoir toujours faire ses preuves en entreprise qui pousserait les femmes à développer toutes ces « qualités ».

 

2/ La douleur, l’instinct maternel, prévoir, la maturité

Clichés que Norman veut combattre : Les femmes sont des chochottes, plus faibles et plus chétives, tandis que les hommes sont courageux et fort et se font amputer à la guerre sans lâcher une larmichette.

Clichés instaurés par sa vidéo  : Les hommes sont des chochottes, alors que les femmes sont des amazones qui n’ont pas froid aux miches, elles sont plus matures, alors que les hommes sont d’éternels enfants. Un homme est incapable de s’occuper d’un enfant, et il risque de mettre le bébé au four à la place de la pizza (l’homme ne sait d’ailleurs pas non plus cuisiner et se nourrit de pizzas).

Problèmes derrière ces nouvelles affirmations : Les hommes sont donc considérés comme d’éternels enfants incapables de se prendre en main. Les femmes doivent donc s’occuper de tout (surtout des couches sales, de la cuisine etc.). Plutôt que de glorifier les femmes, ces idées justifient le fait qu’elles prennent en main la gestion du foyer et de leur conjoint comme un enfant de plus.

Mais cela va plus loin. En effet, parlant de la douleur, il affirme « je me dis que je suis vraiment une putain de tapette », phrase que yagg n’a pas manqué de relever.

C’est donc le serpent qui se mord la queue, puisque les mots en « ette » et l’homophobie derrière ce qualificatif, visent justement à pointer du doigt des comportements considérés comme féminins chez des hommes.

 

3/ Pas d’arrières pensées, solidarité

Clichés que Norman veut combattre: Les filles sont des pestes, sont des manipulatrice prête à user de leurs atouts pour arriver à leurs fins, se font des coups de pute entre elles et seraient moins dans la violence physique et plus dans la violence psychologique.

Clichés instaurés par sa vidéo : Les hommes sont prêts à tout pour une belle paire de seins. Ils pensent avec leur bite et leur bite n’est pas prêteuse.

Tout homme  agirait dans un seul but : choper de la meuf.

Problèmes derrière ces nouvelles affirmations : Nous avons là d’un côté l’idée de la femme chaste et pure et de l’autre l’homme aux pulsions sexuelles plus fortes que tout autre sentiment. Ces deux clichés sont délétères. En effet, il nient le désir sexuel des femmes (et entretiennent la fameuse dialectique la mère/la pute) et dénient à l’homme tout contrôle sur ses pulsions ou acte désintéressé auprès d’une femme.

 

En regardant cette vidéo, on a surtout une question qui vient en tête, c’est : Quelle femme Norman voulait choper en faisant cette vidéo ?

Date de péremption de la parité

4 Avr

Vous connaissez cette petite date imprimée dans un endroit parfois introuvable sur les boites de conserves et autres paquet de chocapics ? Et bien la parité aussi a sa date de consommation limite, et espérons que ce sera très bientôt.

 

  •  La parité, quelle idée ?!

Le concept de parité part d’un constat simple : il y a 50% de femmes dans la société et pourtant, moins de 10% sont représentées dans les sphères dirigeantes (Etat, Grandes Entreprises, Concours internationaux de pétanque…). Comme ces lieux de pouvoirs sont ceux où les règles du jeu sont fixées, l’idée est donc de donner aux femmes un petit coup de pouce, pour les aider à passer à travers le plafond de verre et atteindre ces postes de direction. La théorie est qu’une fois arrivées en haut de l’Olympe, elles pourraient mettre en place des mesures plus favorables aux femmes et donner un nouveau souffle d’oestrogène à cet amas de testostérone.

Le problème c’est que, du coup, les mecs ne sont pas très contents qu’on colonise leur garçonnière puisque, mécaniquement, les femmes « prennent la place » de certains hommes. On retrouve ici la critique majeure faite à la discrimination positive, qui a d’ailleurs poussé la classe moyenne blanche américaine à fustiger cette notion. Parce que les gens voient midi à leur porte. Même s’ils avaient 80% de chance en plus d’avoir le poste, le fait de favoriser quelqu’un, avec un profil similaire et à qualification égale, qui n’avait que 20% de chances de l’obtenir aboutit au résultat simpliste suivant : il n’est pas pris. Et ça c’est injuste ! Notons au passage que considérer que l’on s’est fait « voler » un poste sous-entend qu’il nous revient de droit, donc que ceux qui sont favorisés par la discrimination positive sont moins légitimes pour postuler.

Dans une société qui met de plus en plus en avant la méritocratie et encourage la compétition de chacun contre chacun, tout régime de faveur fait figure de « triche ».

 

  •   Genre, c’est aussi simple que ça ?!

Le problème principal de la parité, c’est que de telles politiques doivent s’accompagner d’une sensibilisation aux stéréotypes de genre largement en amont (AAAaaaarg aaaahh non pitié la théorie du genre ! aaah mon dieu aaaaah. SCHKLANG ! – excusez-moi, un fanatique de la Manif Pour Tous venait de faire irruption dans mon bureau mais je l’ai assommé avec « Le dictionnaire Genre et Science politique »).

Bref, en schématisant grossièrement, on* pousse les garçons à gagner leur match de foot et on* pousse les petites filles à être sages, et à plutôt faire preuve d’esprit d’équipe, de douceur, de candeur, de Leerdammer. Moi-même, qui suis féministe, qui parle fort quand je raconte une histoire, qui suis sensibilisée à ces questions, j’ai été bien élevée et j’attends que les gens aient fini de parler pour émettre mon point de vue, je n’ai pas particulièrement d’attrait pour la compétition et le pouvoir m’intéresse peu. Bref, je ne suis pas prête d’être PDG du CACA 40.

En réservant des places aux femmes, on* pousse donc des femmes que de plus hautes fonctions ou un investissement en politique pourrait intéresser, mais qui s’autocensurent. Pourquoi ? Parce que les structures sociales les poussent à penser qu’elles ne sont pas à la hauteur. On* les rabaisse constamment, qu’on* les renvoie continuellement à leur statut de femmes et que, du fait même des mesures de parité, on* les soupçonne d’incompétence.

* tous ces petits « on », qui renvoient au fameux : « « on », est un con. » Mais parfois « on », c’est toi ou moi, ne l’oublie jamais.

 

  • Machos Machos maires

L’exemple des Municipales est frappant. Les pauvres petits Machos-maires sont éplorés de devoir se séparer d’adjoints compétents et virils pour donner la place à des gonzesses.

 

* C’est la minute chantons ensemble *

Toi aussi remplace « Men » par « Maire » et entonne la chanson des municipales !

 

 

*c’est la fin de la minute chantons ensemble (mais tu peux garder ta tenue de policier si tu veux)*

 

Le problème majeur, c’est que la question de la parité ne se pose pas qu’en politique.

Prenons l’exemple… mhhh totalement au HASARD !… du théâtre d’improvisation. C’est une forme de théâtre où il faut être réactif, faire des blagues, ne pas hésiter à foncer dans le tas. Il y a des filles qui sont excellentes dans cette discipline, mais aussi beaucoup de garçons. Beaucoup beaucoup de garçons. Or, les filles sont souvent plus réservées et hésitent à se lâcher. Ainsi, quand il faut recruter des gens pour passer semi-pro, les filles sont peu nombreuses à postuler.

Face à ce constat, une association d’impro Strasbourgeoise a décidé de mettre en place un programme « 15 filles en 2015 », afin de générer un peu plus de parité. Si l’idée a été très bien acceptée sur le papier, elle est difficile à mettre en pratique.

En effet, la parité suppose que des femmes soient choisies préférentiellement aux hommes à qualités égales. Or que faire si les femmes qui se proposent sont moins bonnes ? Est-ce qu’on les prend quand même avec l’idée qu’elles vont prendre confiance en elle et s’améliorer ? Est-ce qu’on leur préfère un garçon ?

Alors quelle solution pourrait être envisagée?

 

  •  Représente les meufs de ton quartier !

Sans doute la solution serait-elle de remplacer la parité par la représentativité.

L’idée serait alors que les femmes et les hommes soient représentés proportionnellement à leur nombre dans la structure (dans l’association, dans les sphères dirigeantes de l’entreprise et du pays).

C’est ce qui a été fait à la faculté de Chimie de Cronenburg, où tous les jury se doivent de posséder des femmes proportionnellement à leur présence dans le corps enseignant. Du coup, il n’y a souvent qu’une femme dans le jury (mais avant il n’y en avait aucune donc c’est déjà bien). De même, dans des secteurs très féminisés, les hommes devraient être représentés proportionnellement à leur nombre. Ça marche dans les deux sens…

Alors pourquoi je dis « c’est déjà bien ». Pas parce que je me contente de peu, mais parce que c’est une question d’équité. Lorsque nous avons monté un collectif féministe dans notre école et qu’il a été question d’en faire une association, certains ont milité pour qu’il y ait la parité dans le bureau. Ça aurait signifié que si 4 postes, 2 garçons sur les 4 présents pour 20 filles y auraient été. Et ce n’est pas juste. Et ce serait tout aussi injuste dans une associations avec plein de mecs et peu de filles.

L’égalitarisme bête et méchant mène à des contradictions qui peuvent générer des ressentiments. Alors que la représentativité est plus logique.

Et, en ce qui concerne la politique nationale, vu qu’il y a 50% de femmes dans la population, il faudra 50% de femmes dans les listes. C’est fou nan ?

Bon, alors dit comme ça, ça fait un peu tour de passe-passe à la pifpoufyouptralala, mais en fait ça change complètement le schéma de pensée.

L’idée n’est alors plus de mettre en place un « régime de faveur » pour une catégorie de population mais de rétablir une certaine justice.

En politique par exemple, si 48% des conseillers régionaux sont des femmes, alors au moins un peu moins de la moitié des régions (soit 14 environ) devraient avoir une femme à la présidence (contre trois en tout actuellement).

Alors pourquoi personne ne parle de la représentativité ?

Parce que le sexe n’est pas la seule caractéristique discriminante dans le monde du travail. Il y a aussi la couleur, l’origine sociale, l’orientation sexuelle etc.

Donc cela augmenterait le communautarisme et les distinctions entre les hommes et les femmes, les gays, les unijambistes, et les hétéros etc.

Mais ne serait-ce pas un mal nécessaire pour briser les stéréotypes avant de pouvoir, enfin, s’en passer ?

Et puis, si on est le groupe le plus nombreux, on gardera la majorité des places donc on n’a pas tant à craindre que ça, non ? Pour les minorités, cela permet d’être entendu et de faire valoir son point de vue.

 

  • Et si les gens arrêtaient d’être sectaires ?

Hala Choukrallah est une femme politique égyptienne qui a été élue à la tête d’une formation politique de gauche. Elle a expliqué à un journal égyptien (relayé par le Courrier International de mars 2014) que le fait qu’elle soit une femme et copte n’avait jamais été évoqué au cours de la campagne, mais a été mis en exergue par les médias. Elle reconnaît que c’est positif d’être la première femme et le première copte, mais elle aimerait qu’on cesse de la renvoyer systématiquement à ça. Elle ajoute : « Peu importe que vous soyez copte, musulman, femme ou homme, du moment que vous croyez dans les droits des gens et que vous avez un vrai projet pour l’ensemble de la société. »

Et vous voyez, C’est sans doute cela l’avenir : Mettre à la tête de notre pays, de nos entreprises, des femmes et de hommes avant tout humanistes, qui vont au delà des intérêts d’un groupe (les actionnaires ou les groupes d’intérêt par exemple) pour favoriser une gestion qui profite à l’ensemble de la société. Dès lors, les questions de parité et de représentativité n’auront peut-être plus lieu d’être…

 

sans colorant ni conservateur...

sans colorant ni conservateur…

Manif Fourre-tout, vous n’êtes qu’un ongle incarné dans le corps de la société

3 Fév

Un article corrosif de M.C., qui en a marre de prendre des pincettes face à des gens qui viennent avec leurs gros sabots revendiquer leurs idées à coup de bombes de peinture :

Mariage homo, avortement, euthanasie = Mort de la famille”. Voilà la triste image que j’ai vue ce samedi 1er février sur les murs, en me promenant sur les quais à Nantes : l’Espace Simone de Beauvoir vandalisé dans la nuit, à la veille de la manifestation de soutien au droit à l’IVG en Espagne, par ces inscriptions honteuses.

espace Simone de Beauvoir saccagé

Espace Simone de Beauvoir vandales

espace Simone de Beauvoir vandalisé

Après avoir ravalé mes larmes et calmé le retournement de ventre que cette image m’a provoqués, après avoir passé sur ma colère et l’envie de cracher sur les auteurs de ces slogans aussi méprisants pour le genre humain, je pensais pouvoir passer au-dessus, me dire que quelques extrémistes persuadés d’être dans leur bon droit en bafouant des symboles d’évolution sociale, mêlant tout et n’importe quoi, ne méritent pas que l’on s’attarde sur leurs théories scabreuses.

Mais non, trop c’est trop. Les responsables de cette immonde attaque ne me liront peut-être pas, mais comme j’évite soigneusement de fréquenter les types de personnes capables de choses pareilles, je leur adresse un petit message, du fond du cœur.

Autant dire que je ne reviendrai même pas sur votre “théorie” fourre-tout anti-homo-euthanasie-ivg. Insinuer qu’il faudrait se justifier d’avoir le droit à disposer de son corps auprès de vous, auprès de la loi ou de je ne sais quel type qui sert de guide ou grand gourou uniquement à vos petits groupuscules me paraît déjà complètement insensé. Je vous renverrai donc vers la déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789. Oui vous savez, celle qui fonde les “valeurs” de la France que vous chérissez tant ? Allez lisez un peu ça vous apprendra à réfléchir avant de causer…Ah, au temps pour moi, vous n’avez pas causé, vous avez saccagé un centre d’accueil et de défense des droits des femmes dans l’anonymat. Courageux. Non vraiment, bravo d’assumer autant vos idées en plein jour.

Alors oui, c’est une chose de rassembler les franges les plus extrêmes et rétrogrades de la société dans un bordel boîteux pour aller gueuler dans la rue parce que vous êtes persuadés qu’il n’y pas de raison que tous les citoyens aient les mêmes droits (oui car dans le fond votre petite lutte c’est juste ça non ?), parce qu’on ne va pas revenir sur la liberté d’expression, tout ça tout ça…Ok, si ça vous fait plaisir de vous balader avec des pulls aux symboles WC bleus et roses en criant que vous n’êtes pas contents et que “bouh-c’est-pas-juste-parce-que-c’est-des-femmes/pd/handicapés-ils-ont-pas-le-droit-de-faire-tout-comme-nous”, allez-y et montrez à quel point la bulle complètement à côté de la plaque dans laquelle vous vivez s’éclate rien qu’en y posant le doigt pour creuser un peu. Allez-y, vous le faites très bien tous seuls.

C’est aussi une chose de diffuser des campagnes de promotion des stéréotypes et vidéos délirantes d’illuminés sur les réseaux sociaux en pensant apitoyer les gens et les gagner à votre cause, car le pire qui puisse arriver là encore est de prouver tous seuls comme des grands qu’en plus d’être ridicules, vous n’êtes pas capables d’avoir un discours construit pour valider votre théorie allant à l’encontre des droits humains.

Mais agresser un tel symbole d’égalité, de liberté à disposer de son corps, et d’entraide entre les personnes en difficulté – ah ben ça alors, “liberté-égalité-fraternité”, ça vous dit quelque chose, vous qui aimez rappeler les bonnes vieilles valeurs traditionalistes qui ont fondé la France dans vos discours ?-, tout ça juste parce que des gens “risquent” d’avoir les mêmes droits que vous, c’est du pur mépris pour l’humanité toute entière. C’est tout simplement dégueulasse, faible, vicieux et inhumain.

Alors vous pouvez autant que vous voulez invoquer les droits de la nature dans vos discours, faire croire que vous vous battez pour les droits de la famille (pourtant la famille c’est un truc composé de personnes à la base non ? Ce n’est pas une entité qui décide pour tout le monde que je sache !), mais cet acte de vandalisme à Nantes la révèle bien justement, votre vraie nature. Celle d’une minorité de la population incapable de vivre avec son temps, qui en vient à des techniques abjectes pour se donner une raison d’être entendue.

Et oui, vous gueulez peut-être fort mais vous n’êtes rien en substance, vous êtes un petit pois que toute la société peut écraser avec son pouce, sauf que la seule raison pour laquelle on vous laisse brailler c’est qu’en fait, on sait déjà que vous n’obtiendrez JAMAIS le retrait de droits citoyens à une partie de la population (je ne vois plus trop contre laquelle vous vous battez là du coup..). Vous êtes une masse de moutons suivant despréceptes rétrogrades en bêlant docilement sans aucune prise de recul, juste parce qu’on vous a dit de le faire, en nourrissant votre haine du fait que tout le monde puisse avoir les mêmes “privilèges” que vous. Ah oui car apparemment avorter est un privilège, oui oui car les femmes sont des trous d’où s’éjectent des bébés, c’est bien connu, on ne va quand même pas leur demander leur avis, elles n’avaient qu’à pas avoir de vagin ! Se marier aussi est un privilège réservé à certains, il faut être un bon hétéro bien sous tous rapports…ah non juste hétéro, vous pouvez donc être alcoolique, tabasser vos enfants et avoir le droit de vous marier, mais SURTOUT ne soyez pas homosexuel ! Car en fait soit on est hétéro soit on est pédophile, dans votre vision étriquée de la société…

J’ai essayé de comprendre comment on pouvait en arriver là, à de telles méthodes, à inscrire “Non à l’avortement” sur la façade d’un lieu de rencontres pacifiques presque 40 ans ans après que la loi Veil soit passée. Est-ce qu’on va bomber vos maisons ou les salles des fêtes de vos petites sauteries nous ? Je dois vous avouer que j’ai essayé de me mettre à votre place, j’ai essayé de me dire qu’après tout, il s’agissait peut-être de deux visions de la société qui s’opposaient et qu’il fallait comprendre cette vision opposée avant de s’avancer, que vous deviez être dans le fonds malheureux de ne pas savoir comment évoluer dans ce que vous prenez pour un monde complètement nouveau.

Mais j’ai trouvé ce qui ne tourne pas rond chez vous. En fait, ce n’est pas la société qui va mal et remet en cause des droits humains sans distinction entre les personnes. C’est vous qui, par peur devant les combats gagnés pour l’égalité, par peur de perdre votre petit confort de pensée arriérée, tentez de trouver un bouc-émissaire, un responsable pour tous vos maux. Ce qu’il s’est passé à l’espace Simone de Beauvoir à Nantes le 1er février, c’est la preuve que votre combat est perdu dès le départ. Car vous n’attaquez pas un système de lois, vous attaquez l’humanité entière et le fait même d’être citoyen d’un pays.

Alors honnêtement, j’ai très envie de vous insulter, mais j’ai juste une question : en quoi ça VOUS pose problème que d’autres personnes aient les mêmes droits que vous ? En quoi interdire le mariage homosexuel, l’IVG, l’euthanasie (cochez la bonne case, car “elle dit qu’elle voit pas le rapport”…), et tout autre possibilité pour les citoyens d’être égaux entre eux va augmenter le prix du beurre ou de vos manteaux en vison, chaussures bateau ou veste Barbour (ouais, c’est nul les préjugés hein vous avez-vu?) ? En quoi VOTRE petite vie va-t-elle être différente ? C’est une vraie question que je me pose, car apparemment vu à quel point vous en êtes rendus, les lois futures et passées viennent de changer votre monde, mais pour info le Moyen-Âge est terminé, et le système féodal avec rois, vassaux et serfs n’existe plus. Mais je comprends, depuis la loi pour l’IVG et pour le mariage homosexuel vos salaires ont baissé, vous ne pouvez plus vous nourrir, vos enfants sont en dépression, vous risquez de perdre votre travail et vous êtes expulsés de vos logements…Ah non tiens, rien de tout ça en fait.

Alors puisque les responsables de ces abjectes inscriptions ne se dénonceront jamais (ben oui faudrait pas se faire gronder hein), je vous le dis à tous, bande de petits doctrinaires incapables de vivre dans un monde qui tente d’avancer de manière plus juste, petits réacs qui tournez le dos à la société en étant persuadés de se battre pour elle, vous qui bouffez votre bile acide tous les soirs parce que vous ne pouvez pas supporter que tous les humains soient égaux entre eux.

À tous les mouvements extrêmistes qui luttent contre l’humanité : fermez votre gueule, vraiment, vous ne servez à rien, vous n’avez rien apporté à ce monde et n’apportez jamais rien sinon un recul social. Vos valeurs sont abjectes et méprisantes pour le reste de la société. Et pour ce que ça vaut, le prochain mouvement que je croise et qui tient un discours aussi dégueulasse que celui inscrit sur ces murs ce samedi matin, c’est le mouvement de ma main dans sa gueule qu’il va sentir ! Ça ne sert plus à rien de discuter et tenter de comprendre des personnes qui ne veulent qu’une chose, que la société reste inégalitaire. Une citoyenne, un citoyen, n’a pas à se justifier d’avoir accès aux mêmes droits qu’un autre. BORDEL.

Car personne ne vous obligera à avorter ou avoir recours à l’euthanasie, et il n’y a pas de numerus clausus sur le mariage. Laissez aux gens le droit de disposer de leur vie, personne ne vous a jamais empêché de disposer de la vôtre.

Le monde ne s’excusera pas d’avancer auprès de vous. Mais un jour, vous aurez à lui rendre des comptes pour ces discours et actes horribles que vous diffusez. Préparez donc plutôt votre défense au lieu de détruire les avancées en cours, parce que quand vos enfants, qui vivront avec leur temps et leur monde, se rendront compte de ce dont vous avez été capables, là vous les sentirez bien remonter les blocs de bile acide qui vous servent de cordes vocales.

PS : Ah en passant, juste un conseil : tabasser des journalistes n’est pas une très bonne technique pour diffuser votre discours, enfin je vous renvoie à la définition Wikipédia du métier de journaliste, mais en fait ce n’est pas “quelqu’un qu’on tape pour se faire entendre”. Généralement il a un calepin, un micro, et vous parlez dedans, en fait… Vous voyez je vous donne même des conseils, on est sympa dans la société hein ? Essayez de voir comment elle fonctionne, ça nous fera moins vomir. Ou restez enfermés chez vous, c’est bien aussi, ça évitera de gâcher le paysage et notre journée un samedi matin…

Simone de Beauvoir

La Culture War à la française

28 Jan

Si je vous dis que le monde a été crée en 7 jours par un designer intelligent et que les falaises ne sont pas le fruit de l’érosion mais du déluge, que me répondez-vous ?

Qu’il ne manquerait plus que j’ajoute que la terre est plate et que le soleil tourne autour peut-être.

Ou peut-être connaissez-vous déjà les créationnistes.

Jésus et son tyrannosaure de compagnie

Jésus et son tyrannosaure de compagnie

Ces petits canaillous ont engagé, depuis plus de 10 ans, une croisade aux Etats-Unis pour s’opposer à la théorie de l’évolution. Oui, car pour eux l’évolution est une théorie, pas un fait.

Les créationnistes sont donc très préoccupés de ce que les professeurs de Sciences de la vie et de la terre enseignent à leurs enfants. Ils se battent donc pour que soit précisé sur les livres ou dans les cours que l’évolution n’est qu’une théorie, ou bien pour que les deux théories soient enseignées.

Un article du monde, datant de 2005, rapporte les propos d’un sénateur du Missipi affirmant que de nombreux citoyens américains « sont convaincus que l’endoctrinement exclusif de leurs enfants dans le concept de l’évolution est un acte d’hostilité à l’égard de leur foi ».

L’article rappelle également la lutte des hypothèses darwiniennes pour s’imposer :

« Créationnisme contre évolution : la querelle est ancienne. Le procès de John Scopes, en 1925, figure dans tous les manuels d’histoire. Le professeur de biologie fut poursuivi ¬ et condamné à une amende de 100 dollars ¬ pour avoir enseigné les théories de Darwin. Il a fallu attendre 1987 pour que la justice interdise définitivement l’enseignement du créationnisme, au nom de la séparation de l’Eglise et de l’Etat. Depuis, les fondamentalistes se présentent comme les victimes d’une pensée dominante. Ils ne réclament pas que l’on enseigne le créationnisme dans les écoles, mais que l’on mette fin à la « censure »  et que l’on admette que l’évolution puisse être contestée, ce qui, pour l’immense majorité des scientifiques, relève de l’hérésie. »

Mais une phrase de cet article est particulièrement intéressante :

« Après l’avortement et le mariage gay, l’évolution est en train de devenir le nouveau champ de bataille de l’une de ces Culture Wars qu’affectionnent les Américains »

Résumons donc les ingrédients. Nous avons :

– des faits

– des théories

– des enseignements à l’école

– des opposants au mariage gay et à l’avortement.

Si on y ajoute une pincée de Filippetti et qu’on fait monter les blancs en neige, ça donne les débats actuels en France sur la soi-disant « théorie du genre ».

Tout comme les créationnistes insistent pour qualifier l’Evolution de théorie, les opposants aux Gender Studies, ont crée le terme de « théorie du genre ». On retrouve donc ce même terme de « théorie » qui vise à décrédibiliser ceux qui l’enseignent et les désigner comme idéologiquement orientés.

Or, l’évolution, comme le genre, sont le résultat d’observations respectivement scientifiques et sociales.

Lorsqu’il est question du «genre » à l’école, l’idée n’est pas de pousser les enfants à devenir des être neutres, comme la propagande « anti-gender » cherche à nous faire croire. Nous avions commencé l’analyse des affiches de la manif pour tous dans l’article, touche pas à ma connerie, le retour, mais l’étude mérite d’être poussée encore :

oui, moi aussi j'aurais peur que mon prof soit un escargot géant. Bienheureusement, le droit des animaux à enseigner n'est pas encore en projet...

oui, moi aussi j’aurais peur que mon prof soit un escargot géant. Bienheureusement, le droit des animaux à enseigner n’est pas encore en projet…

manif pour tous affiche 2

Cette dernière affiche véhicule une image fausse de ce qu’est le genre, tel qu’il serait enseigné à l’école.

Non, il n’est pas question d’inciter les garçons à porter des soutien-gorges et les filles à se laisser pousser la moustache. Parce que, biologiquement, les hommes n’ont pas de seins (sauf s’ils sont gros) et les filles pas de barbe (sauf les femmes à barbe).

Notons ici que la question des transsexuels et autres ne vient que bien après comme suite des réflexions sur le genre et non comme base à celles-ci.

L’idée du « genre » est, pour simplifier, la suivante :

Nous avons un sexe biologique, qui nous donne un phénotype (autrement dit un caractère observable : morphologie, organes, molécules…).

Mais nous avons aussi un genre, c’est à dire toutes les choses qu’on ajoute sur soi quand on n’est pas tout nu (une robe, un slip kangourou…), des goûts (aimer le rose, jouer à cache-cache…), des attitude (être doux, courageux, langoureux…). En gros, c’est ce que les gens appellent communément notre personnalité. La question n’est en fait pas réellement de savoir si ce genre a une part d’inné ou est entièrement acquis. Le problème, c’est que des gens souffrent de ces catégorisations qui font qu’être fille ou garçon renvoie à correspondre à un type d’habillement, de goûts et d’attitudes.

Même les opposants à la « théorie du genre » ne peuvent nier l’existence de ce qu’on appelle les « garçons manqués ». Or, qu’est-ce qu’un « garçon manqué » si ce n’est une fille qui a des goûts et attitudes que l’on range dans la catégorie « garçons » ?

L’idée d’introduire la soi-disant « théorie du genre » à l’école est donc d’expliquer aux enfants cette distinction. De leur permettre de comprendre que ce n’est pas eux qui ont un problème s’ils ne rentrent pas dans la case mais la société qui a un problème parce qu’elle veut à tout prix qu’ils y rentrent.

Le réel débat, est sur la société justement. Certains sont bien installée dans leur petite case et ne veulent pas voir les choses évoluer. Leur combat se situe donc dans un cadre plus large. Une opposition plus fondamentale entre les tenants des valeurs réactionnaires et conservatrices et les tenants des valeurs progressistes et libérales.

Les débats et manifestations contre la « théorie du genre » ont lieu dans la lignée des mobilisations sur le mariage pour tous, et plus récemment des manifestations de soutien à la restriction de l’avortement en Espagne  et constituent bien une « Culture War » à l’américaine.

Une Culture War (Guerre culturelle), c’est la lutte entre deux groupes de valeurs culturelles opposées. C’est-à-dire un « combat pour un idéal de société ».

Ce terme est né de l’allemand Kulturkampf et renvoie à l’opposition, dans l’Allemagne de Bismarck à la fin du XIXème siècle, entre l’Empire Allemand et l’Eglise Catholique romaine. L’empire voulait, par exemple, mettre en place le mariage civil. L’enjeu était alors le primat de l’Église et de la religion sur l’État et la science.

L’expression a été introduite aux Etats-Unis par James Davison Hunter, sociologue à l’université de Virginie, en 1991, dans son livre « Culture Wars: The Struggle to Define America » (Guerre culturelle : la lutte pour définir l’Amérique).

Il y  expose l’existence d’un nombre croissant de problématiques brûlantes : avortement, armes, séparation de l’Eglise et de l’Etat, vie privée, drogues, homosexualité, censure…

Ces sujets clivants sont à l’origine de mobilisations qui trouvent leur origine dans une vision de la société et des valeurs fondamentalement différentes.

C’est pourquoi les mêmes débats reviennent périodiquement sur la famille (divorce, mariage gay), l’éducation (contenu des enseignements), la vie (peine de mort, euthanasie, IVG) ou encore la vie politique (droit de vote des étrangers, immigration). Deux systèmes s’affrontent et tentent de gagner une guerre des valeurs qui semble infinie.

Pour conclure, nous laisserons la parole à Einstein :

« Deux choses sont infinies : l’univers et la bêtise humaine. Mais pour l’univers je ne suis pas complètement sûr »

Touche pas à ma connerie, le retour

14 Jan

Après les « 343 connards » (ah non pardon, je viens de re-regarder et c’était « salauds ») et leur « touche pas à ma pute », les « manifs pour tous » remettent le couvert avec un « Touche pas à mes stéréotypes« .

Alors là, chapeau (de zorro) bas, vous m’épatez !

Parce que de tous les arguments possibles et imaginables, de « bientôt ce sera l’attaque des clones et notre mère nous dira « je suis ton père » » à « si on n’explique pas à ma fille ce que c’est d’être une femme qui va faire la vaisselle ? », celui-là dépasse l’entendement :

manif pour tous

En fait, cela revient, pour les gens de la Manif pour Touffe, à avouer haut et fort qu’ils sont des gros réacs qui se satisfont totalement d’un monde où on opprime des gens parce qu’ils ne correspondent pas à des stéréotypes. Or, les stéréotypes sont rappelons-le des représentations caricaturales ne reflétant en rien la réalité…

Encore une fois, la référence à « touche pas à mon pote » est totalement inversée. Le but était d’aider des personnes opprimée par des comportements racistes, ici il s’agit de protéger les stérétypes, qui n’ont besoin de personne pour les aider à s’accrocher, comme le montre l’étymologie même du mot.

Stéréotype vient de « stéréo » et « type » (ce qui ne veut pas dire que ça vient du mec qui vend les chaînes Hi-fi).

« Stéréo » veut dire ferme, robuste et « type » empreinte, marque. Un stéréotype est donc une emprunte imprimée dans les représentations sociales qui est très résistante.

Selon le site toupie.org, un stéréotype est une représentation caricaturale figée, une idée reçue, une opinion toute faite acceptée et véhiculée sans réflexion, concernant un groupe humain ou une classe sociale.
Synonymes : préjugé, cliché, poncif.
Exemples :
– « Les savants sont distraits. »
– « Les Allemands sont disciplinés ».
– « Les fonctionnaires sont des privilégiés. »
– « Les chômeurs sont des profiteurs. »

– « Les gens de la manif pour tous sont des cathos réacs »

Bref, ces petits sacripants n’ont pas fini de m’étonner. J’attends avec impatience de voir à la manif les mamans déguisées en fées et les papas en zorro venir cracher leur venin sur ceux qui tentent de combattre les stéréotypes…mais en se prenant pour des princes et des princesses !

***

Pour aller plus loin et pour encore plus de sidération face aux affiches de la manif pour tous, vous pouvez lire sur ce blog l’article « La Culture War à la française ».