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Question existentielle n°3 : Pourquoi les féministes sont toujours énervées ?

3 Sep

Il y a deux ans, à la rentrée, une nouvelle catégorie d’articles est apparue sur ce blog, les « questions existentielles féministes ».

Nous en avons déjà traité deux :

Ma bonne résolution de la rentrée est de reprendre ce blog, qui, depuis bientôt un an, est à l’abandon comme une chaussette tombée sous un lit.

Incroyable mais vrai, cette chaussette est un peu la star de cet article !

Incroyable mais vrai, cette chaussette est un peu la star de cet article !

 

« I’m back bitches ! », comme on dit aux Etats-Unis d’Amérique. Ce qui veut dire, pour les non anglophones, : « Je suis de retour de la plage ».

Mais où étais-tu tout ce temps se demandent en cœur des lecteurs qui n’y croyaient plus ?

J’étais là, tapie (un peu comme Bernard) dans l’ombre. J’avais perdu la foi en l’utilité d’écrire des articles pour ce blog : à quoi ça sert d’être lu par des gens déjà convaincus et d’entendre les autres débiter toujours les mêmes conneries au mot près ? A quoi bon donner une vitrine à des gens qui font exprès de faire des Bad Buzz exprès pour énerver les féministes et qu’on parle de leur marque/bouquin/clip/slip ?

Parce que c’est très facile d’énerver une féministe. De toute façon les féministes sont TOUJOURS énervées par TOUT. Il y a des raisons légitimes de s’énerver (comme la circulation routière par exemple), et des raisons illégitimes de s’énerver (comme les inégalités et injustices sociales).

Voici donc la question existentielle du jour : Pourquoi les féministes s’énervent ?

La plupart des féministes ne sont pas naturellement agressives. Elles sont même plutôt calmes et préfèrent avoir une discussion posée, à tendance intello, que foutre un gros Kick dans la tronche de leur interlocuteur en criant « Paaaaarce queeeeee »*.

Et pourtant, quand il est question de féminisme, elles finissent très régulièrement hors d’elles sans savoir comment elles en sont arrivées là.

Aujourd’hui nous allons essayer de découvrir les causes de cette pathologie féministe.

Le féminisme dont vous êtes l’héroïne : La spéciale dédicace de la blague

Quand les gens savent que tu es féministe, ils font des blagues sexistes en te regardant bien spécifiquement pour t’admirer en train de t’énerver. C’est un peu comme allumer un pétard, c’est rigolo. On allume la mèche et PAF ça fait des chocapics.

On va la jouer en « Discussion dont vous êtes le héros » si vous le voulez bien.

Situation de départ :

Vous êtes à un dîner et ce petit comique de Dédé, fait le blague suivante, guettant bien sûr votre réaction : « Quel est le point commun entre une femme et une chaussette ?…. Alors ? Alors ? Vous savez pas ?…  Une fois qu’elle est trouée on la jette. »

Que faites vous ?

  1. Vous riez avec tout le monde. C’est une soirée sympa entre potes, ce serait dommage de gâcher la soirée en voulant rebondir sur la blague. Passez en 1.
  1. Vous esquissez un sourire poli. Passez en 2.
  1. Vous vous énervez et dites que c’est une blague horrible et dégradante. Passez en 3.

***

  1. Vous passez automatiquement en case « ouais enfin t’es pas vraiment féministe au fond ». Ce sera désormais la réponse à tout ce que vous essaierez de dire sur un sujet féministe. Vous recevrez votre sentence : « t’es féministe quand ça t’arranges de toutes façons ». En fait, si tu ne t’énerves pas, tu n’es pas féministe (donc par lien logique, toutes les féministes s’énervent).
  1. Dédé vous dit « eh oh c’est bon hein, c’est qu’une blague ». Vous expliquez qu’au delà d’être misogyne, la blague n’est même pas drôle. Réaction : « Oh mais c’est bon, c’est de l’humour. Vous les féministes vous n’avez pas d’humour ». Vous :
  •  Vous lancez une discussion sur l’humour, qui stigmatise les choses dont on ri en les présentant comme anormales. Passez en 3.
  • Vous décidez d’expliquer pourquoi cette blague est horrible et dégradante. Passez en 3.
  • Vous vous rattrappez en disant : « Quel est le point commun entre une femme et une cigarette ? Tu la prends, tu la tires et tu la jettes ». Passez en 1.
  • Vous expliquez que cette blague est très dégradante pour les chaussettes. Passez en 4.

 

  1. ça y est, tout le monde soupire en levant les yeux au ciel, sauf votre copine Stacy, qui est féministe aussi mais qui avait plutôt fait le choix de rigoler. Vous parlez du sous-entendu sur la valeur de la virginité de la femme, sur le statut de femme-objet etc. Un débat s’engage. Quelle phrase finit par vous mettre en pétard :
  • « Vous les féministes vous….. ». Lisez : Les raisons de la colère 1 : « Vous les féministes… »
  • « Non, mais il y a des problèmes plus graves ». Lisez : Les raisons de la colère 2 : le refus de considérer le problème
  • « Moi je suis un homme et je ne suis pas comme ça ». Lisez : Les raisons de la colère 3 : Un gros paquet de misogynes…et moi, et moi, et moi…

 

  1. Vous avez gagné ! Vous avez prouvé que les féministes avaient de l’humour et SANS vous énerver. Bravo ! Passez directement à la conclusion de l’article : « Mais alors comment faire pour ne pas alluuuumeeeeer le feu ? »

 

Les raisons de la colère 1 : « Vous les féministes… »

De même que TOUTES les féministes sont TOUJOURS énervées contre TOUT. Il faut savoir que TOUTES les féministes pensent la même chose. Sans même nous avoir demandé notre position sur un sujet, nos interlocuteurs ont tendance à nous expliquer nos soi-disant arguments et à les contrer. Ce monologue, généralement un brin paternaliste, vise souvent à nous expliquer que « Vous les féministes vous ne comprenez rien ».

Et pourtant, les débats internes aux féministes sont très nombreux :

  • Sur la prostitution : Abolitionnistes, néo-abolitionnistes, règlementaristes, prohibitionnistes, sado-masochistes, gaz de schiste…
  • Sur l’empowerment : Beyoncé est-elle féministe ? Et Christine la femme au foyer par choix ? Et Christine Lagarde ? Et Christine Boutin (haha… heu… non) ?
  • Le porno, c’est bien ou c’est pas bien ? Les Fémen c’est bien ou c’est pas bien ?
  • Faut-il promouvoir la culture « féminine » comme ayant autant de valeur que la culture « masculine », ou la rejeter comme construit social dégradant ?
  • etc etc

Mais tout ça, ce sont des détails, puisque les féministes sont surtout casse-couilles et leurs combats sont vains et c’est ça qu’il faut leur expliquer.

Or, répétons-le, ce n’est pas un dialogue, c’est un monologue.

Donc on se retrouve à essayer d’en placer une, mais la personne en face SAIT DEJA (bien évidemment) ce qu’on va dire donc ne prend pas la peine d’écouter, nous coupe au milieu d’une phrase… Et on finit par l’attraper par le col en hurlant : « Mais tu vas m’écouter connard de merde ? NON je ne pense pas qu’il n’y a pas de différence biologique entre hommes et femmes et OUI j’ai lu les bouquins de SVT de 4ème, mais je te parle d’INEGALITES, qui ne peuvent en AUCUN CAS être justifiées par des différences biologiques. Alors arrête de me faire dire ce que je n’ai jamais dit juste pour me faire passer pour une conne. OK ??? OK ??? J’TE LACHERAI PAS TANT QUE TU M’AURAS PAS DIT QUE T’AS COMPRIS !!!!!! ».

Quand vous finissez par le lâcher, la marque de vos doigts et de vos bagues HelloKitue imprimées dans son cou, votre interlocuteur-trice haletant-e, vous avez perdu toute crédibilité.

Et les gens murmurent « Olala ces féministes, elles ne peuvent pas avoir une discussion posée avec quelqu’un, il faut toujours qu’elle s’énervent ».

 

Les raisons de la colère 2 : Le refus de considérer le problème

Ça commence par une discussion posée et vraiment pas vitale du type : « C’est marrant, j’ai remarqué qu’au boulot, les hommes serrent la main aux hommes et font la bise au femmes. C’est bizarre de faire cette différence qui marque clairement de quel sexe est la personne que tu salues. »

Disons-le tout de suite : si la personne en face répondait : « Oui, c’est vrai que c’est bizarre. Ce serait peut-être plus normal de serrer la main à tout le monde ». La discussion s’arrêterait là, et on pourrait changer de sujet et parler du dernier épisode de Top Steak ou de la guerre civile des chaussettes en sèche linge.

Mais, il est extrêmement rare que la personne en face réponde ça. Sauf si la personne en face est féministe aussi, et encore…

Non, généralement la réponse est la suivante : « Je ne vois pas le problème » ou « il y a des choses plus graves non ? » qui peut s’accompagner d’un « Vous les féministes, vous tiquez sur tout/vous ne vous attaquez pas aux vrais problèmes/vous ne vous rendez pas compte qu’en France les femmes sont très bien loties et vous pinaillez sur des détails ». (qui nous renvoie aux raisons de la colère 1).

Alors, vous essayez de défendre votre point de vue. Vous essayez d’expliquer que justement ce sont plein de petits riens qui créent une normalisation des inégalités.

Et puis de fil en aiguille, à force de continuer à vous justifier face à quelqu’un qui vous répond que « lui il trouve ça agréable de faire la bise aux femmes », « que ce n’est pas pour les rabaisser » etc, vous finissez par dire quelque chose de très éloigné du petit rien que vous souleviez au départ, du type : « je me sens violée dans mon intimité quand on me fait la bise ».

Vous vous énervez, vous dites que si on se permet de faire la bise aux femmes sans leur consentement, qu’on les renvoie à leur statut d’êtres désirables parce que « c’est agréable » alors qu’on se trouve dans un environnement professionnel, que du coup les femmes ont plus de mal à être crédibles parce qu’on leur fait constamment remarquer qu’elles ont une chatte entre les jambes…

Et voilà, vous êtes extrême, d’une bise à un viol les gens pensent que vous ne voyez qu’un poil de coude.

 

Les raisons de la colère 3 : Un gros paquet de misogynes…et moi, et moi, et moi…

Ah, le fameux #NotAllMen…

Parce que oui, les féministes pensent que TOUS les hommes sont des violeurs en puissance et que TOUTES les femmes sont des victimes impuissantes du patriarcat. Quand on soulève un problème, les gens cherchent souvent à nous prouver qu’on a tort par des contre-exemples.

Alors que nous évoquons des tendances sociales générales, un exemple semble à leurs yeux la preuve qu’on s’excite sur un problème marginal ou imaginaire.

Mais en fait, ça vaut pour beaucoup d’autres questions :

Tous les riches ne pratiquent pas l’évasion fiscale, tous les politiques ne sont pas corrompus, toutes les pommes de terre ne sont pas jaunes et tous les OGM ne sont pas mauvais, mais est-ce que ça justifie qu’on n’en parle pas ?

Non.

Surtout les pommes de terre.

Sauf que quand il s’agit de féminisme, ça devient un argument d’autorité. MOI, je ne suis pas comme ça, donc tu fabules et tu te bases sur des exemples grossiers pour donner mauvaise réputation aux hommes, parce que tu les HAIS.

LEAVE MEN ALONE ! crient certains en cœur.

Le classique qui fait hérisser le poil à de nombreuses féministes c’est : « Nan mais il n’y en a que pour les femmes, moi ça me donne envie de devenir hommiste pour défendre les hommes. »

Les pauvres petits canards. Si incompris…

Je pense qu’il est grand temps que les hommes se réveillent et fassent une vidéo à l’image de la célebrissime vidéo de Chris Rocker « Leave Britney alone ». Ils pourrraient l’appeler « Leave Men alone ».

Le texte pourrait être le suivant, inspiré des propos percutants de ce fan éploré :

« And how fucking dare anyone annoy any man. After all they’ve been through ! They had to divorce, they had two fucking kids, right ? (…) All feminists care about is to critic them. They are Human ! What you don’t realise is that men bring you all these marvellous thing and all you care about is to critic them. They haven’t been sexists in YEARS (…) and all feminists want is to opress them more MORE MORE MORE. LEAVE THEM ALONE ! You like that they make sex to you SLUTS ! LEAVE MEN ALOOOOONE. Please…(…) Speaking of harassment , how is it feminist to harass men that are so kind and devoted to women ? LEAVE MEN ALONE !!!! Please… Leave men alone, right NOW ! I mean it »

Ok.

On vous laissera tranquilles quand vous nous laisserez tranquilles.

 

Mais alors comment faire pour ne pas alluuuumeeeeer le feu ?

Effectivement, s’énerver dessert la cause.

Alors, une solution possible pour ne pas s’énerver, c’est de la jouer comme Madame Chaussette.

Madame Chaussette, la star des pieds qui puent vous livre ses secrets pour rester cool

Madame Chaussette, la star des pieds qui puent vous livre ses secrets pour rester cool

La jouer comme madame chaussette, oubliée sous son lit depuis un an, c’est arrêter de s’époumoner pour se faire entendre.

Effectivement, il est utile de discuter avec des gens pour leur faire entendre un autre point de vue que celui qui est exposé partout, mais ça ne sert à rien de s’acharner, nous nous faisons surtout du mal à nous mêmes. Je dis ça notamment pour les petits trous du culs que ça fait marrer d’énerver les féministes et qui quoiqu’il arrive ne vous donneront jamais raison. Ne vous fatiguez pas, ça leur fait trop plaisir. Ne cherchez pas à les convaincre eux, mais parlez avec des gens plus réceptifs.

La jouer comme Madame Chaussette c’est aussi agir plutôt qu’essayer de convaincre. Soyons nous même le changement que nous voulons voir dans le monde, comme le disait Gandhi.

Effectivement, si tu empêches ton collègue de te faire la bise en lui serrant la main, il risque d’être un peu surpris. Et c’est là que l’humour peut nous sauver d’un naufrage vers les terres de la justification et l’énervement.

Un « Je me suis mal rasée ce matin, je ne voudrais pas t’imposer ma barbe qui pique, je préfère qu’on se serre la main », sera sans doute plus efficace qu’un sermon. Pour répondre à un « Moi je respecte les femmes », pourquoi ne pas répondre « et moi je n’aime pas le vernis à ongles ». En disant des choses comme ça, on créé de l’inattendu dans le débat et on peut s’expliquer posément en ayant attiré l’attention de son interlocuteur.

Plutôt que de nous justifier, nous pourrions peut-être essayer de montrer à nos interlocuteurs en quoi le raisonnement ou leur attitude est biaisée, en détendant l’atmosphère avec un peu d’humour.

Bref, si vous choisissez le rire plutôt que l’énervement, ne riez pas aux bagues misogynes, mais inventez vos propres blagues : Assumez-vous bande de moules !

 

 

* cf : pour ceux qui l’auront reconnue la pub orangina/vache qui rit que je n’ai jamais pu retrouver

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Problème existentiel féministe n°2 : être radine et féministe

4 Jan

La vie n’est pas un blockbuster américain et nous ne sommes pas des êtres unidimensionnels. Gentil et beau et courageux ou méchant et moche et lâche ou encore noir et drôle et personnage secondaire. Non, la vie c’est comme une boîte de chocolat : on peut être beau et con,  moche et courageux, noir et président des Etats-Unis.

On peut aussi être Bimbo et bûcheronne, comme en témoigne cette photo :

Appelons-la Cindy Bouchard, Bimbo Bûcheronne

Appelons-la Cindy Bouchard, la Bimbo Bûcheronne

Dans le langage sociologique, on appelle ce phénomène l’intersectionnalité. Cela signifie que chaque individu se situe à la rencontre de plusieurs univers sociaux, qui conditionnent sa position dans l’espace social de façon nuancée.

Pour vous aider à mieux comprendre, j’ai réalisé deux schémas qui finiront un jour au musée Power Point tellement ils sont beaux :

vie selon blockbuster américain

vie boite de chocolat

Ces schémas ne sont absolument pas scientifiques et ne démontrent pas grand chose, mais je pense que vous avez compris le principe.

Dans la vie, les gens ont tendance à faire des féministes un être unidimensionnel. Les féministes se doivent de correspondre à tous les clichés, sinon c’est inacceptable, comme nous l’avions expliqué dans le premier opus de ces problèmes existentiels féministes : être féministe et n’être ni vieille fille, ni lesbienne, ni moche ?

Or, à l’image Cindy Bouchard la bûcheronne Bimbo, les féministes sont des êtres plus complexes qu’il n’y parait.

Là, vous allez me dire : mais et le titre de l’article alors : quand est-ce qu’on va parler de radinerie ?

Nous y venons mes petits lapins.

Quand on est féministe, on se bat pour l’égalité entre les hommes et les femmes, pour avoir le droit d’inviter un homme au resto sans que personne ne soit choqué, pour pouvoir offrir des verres et s’acheter une boite de cigares cubains…

Quand on est radine, on aime bien se faire payer des trucs, on tort le nez à l’idée de payer une tournée à 36 personnes et on s’étouffe en voyant le prix des cigares cubains.

Donc on se trouve face à un dilemme : doit-on faire primer ses idéaux féministes ou son porte-monnaie ?

Doit-on se battre pour l’abstrait ou le concret ? Un combat qui nous coûte ou un coût qu’on cherche à combattre ?

J’en appelle donc à toutes les féministes radines de cette planète :

« Je vous ai comprises ! Je sais ce qui se passe en vous. Je vois ce que vous avez voulu faire. Je vois que la route que vous avez ouverte pour plus d’égalité, c’est celle de la rénovation et de la fraternité. Je dis la rénovation à tous égards. Mais très justement vous avez voulu que celle-ci commence par le commencement, c’est à dire par nos plus bas instincts, et c’est pourquoi me voilà. Et je dis la fraternité parce que vous offrez ce spectacle magnifique de femmes et d’hommes qui, d’un bout à l’autre, quelles que soient leurs convictions, communient dans la même ardeur et se tiennent par la main. »

Ça ne veut rien dire, c’est un peu du plagiat (coucou Charles de Gaulle) et ça ne fait pas beaucoup avancer les choses, mais avouez que ça en jette ! C’est un peu comme ça qu’on convainc les gens qu’on dit des choses intelligentes alors que ça ne veut rien dire..

Mais voilà que je m’égare tel un jeune daim fougueux à la vue d’une tartiflette…

Bref, il est temps pour tout le monde d’accepter que la vie n’est pas un film américain et que nous ne sommes pas des êtres entièrement cohérents. Donc toute féministe, comme n’importe quel bassiste, a ses petites tares (quoique le bassiste a plutôt des guitares).

Oui, vous êtes radines, et alors ? Vous avez quand même le droit de vous revendiquer féministe.

Parce que le féminisme ne se limite pas à un resto, un string ou une paire de… moustaches !

Donc, ce n’est pas parce qu’on ne colle pas tout à fait au schéma qu’il faut baisser le bras. Amies radines, n’ayez plus peur de renier votre féminisme et faites vous payer un resto de temps en temps si ça vous fait plaisir.

en un mot : Assumez-vous bande de moules !

P.S. : un jeu de mot vraiment pourri se cache dans cet article. Sauras-tu le retrouver ?

Problèmes existentiels féministes : N°1 être féministe et n’être ni vieille fille, ni lesbienne, ni moche

22 Sep

C’est la rentrée !

Donc qui dit rentrée dit nouveautés : nouveau cartable, nouvelles résolutions (tu sais, les bonnes résolutions comme on prend au nouvel an, à son anniversaire ou qu’on lit sur l’étiquette du dernier téléviseur HD*) et nouvelle catégorie d’articles sur ce blog.

Les féministes rencontrent des situations quotidiennes, qui leur posent des questions existentielles : Puis-je être femme au foyer et féministe ? Puis-je regarder Mad Men et être féministe ? Epilée et féministe ? Radine et féministe ? Un homme et féministe ? Eric Zemmour et féministe (ah.. bah non !) ?

N’hésitez pas à envoyer vos propres problèmes existentiels (par le biais d’un petit article ou d’une simple question si vous ne vous sentez pas l’âme proustienne) sur l’adresse mail du blog : lespiplettespoilues(at)hotmail.fr

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Premier Problème : être féministe et n’être ni vieille fille, ni lesbienne, ni moche.

Dans la société, il y a des boites (comme il y avait des Cactus dans le slip de Jacques Dutronc). Et dans ces boites on range les gens.

Pour être bien rangé, il faut être rangeable. C’est à dire qu’il ne faut pas être hétéro ET efféminé ou caissière ET intelligente.

Ces cases permettent de donner des explications simples et réconfortantes à l’ordre du monde : tu es gay parce que tu voudrais être une fille, tu es caissière parce que tu étais trop stupide pour faire un autre boulot…

Pour être féministe, il faut donc avoir une bonne raison. Et tu as le choix entre trois : soit tu es vieille fille, soit tu es lesbienne, soit tu es moche.

En gros, tu es féministe parce que tu es frustrée et/ou que tu hais les hommes.

Sinon, pourquoi continuer à emmerder tes potes, qui sirotaient tranquillou leur Ricard, juste parce qu’ils ont osé dire que la tenue de la serveuse était une incitation au viol ?

Avoue-le : En vrai, tu es jalouse de sa minijupe et ses jambes de gazelle.

Tu as la haine parce que tu es :

–       Vieille fille, ou moche, donc mal baisée

–       Lesbienne, donc ça t’énerve que ce soient des mecs qui se la tapent.

En résumé : Tu es frustrée. Donc tu dis des choses vilaines. Des choses caca. Des choses féministes.

Mais il y a un problème majeur. Et si on n’est ni vieille fille, ni moche, ni lesbienne (et même pas frustrée) ?

Alors on a vraiment un problème si on veut quand même être féministe.

C’est vrai quoi, pourquoi se faire détester par tout le monde quand on pourrait se contenter d’être belle, souriante, amoureuse, légère, charmante et enchantante ?

Même les féministes traitent les féministes qui sont trop jeunes, jolies et maquées de « féministes girly aux revendications convenues ».

Mais, il y a quelque chose qui m’échappe :

Est-ce incompatible d’être jolie et souhaiter la liberté, l’égalité et la fraternité entre les hommes et les femmes ? Est-ce impossible de faire un discours politique sensé avec une robe à fleurs (coucou Cécile Duflot) ?

Est-on obligée de brandir le sexe arraché de nos conjoints masculins pour faire passer nos idées ?

 Non, ça n’a aucun rapport.

Mais quand on ne rentre pas dans la case, on dérange.

Or, quand on défend posément nos idées, de façon logique et même, comble du stupéfiant, avec humour, nos interlocuteurs sont davantage disposés à écouter. Et il ça peut même (soyons fous !) les pousser à réfléchir et remettre en question leurs certitudes…

Alors, jeunes filles qui n’assumez pas vos idées féministes parce que vous aimez mettre des strings, promettez-moi une chose, ne commencez plus vos phrases par : « Je ne suis pas féministe mais…. ». Assumez-vous bande de moules !

Pour plus de problèmes existentiels féministes : cliquez ici.

 

* Attention, ceci est une blague pourrie !