Leurs poils font des hommes des gonzesses

25 Mai

Leurs poils font des hommes des gonzesses.

Je dirais même plus : des problèmes pilleux, qui ne concernent pas les femmes, font des hommes des gonzesses.

 

Aujourd’hui, les hommes ne sont plus ce qu’ils étaient. (et d’ailleurs, il n’y a plus de saisons, plus de jeunesse et plus de papier toilette).

Où sont les hommes virils, pleins de poils, frappant leur torse musclé et luisant dans un appel puissant à la fornication ?

Aujourd’hui, les hommes portent des jupes pour aller au lycée, tandis que des femmes à barbe gagnent l’Eurovision.

Les Métrosexuels envahissent les transports en commun (quoi de plus logique pour des gens attirés sexuellement par les métros ?).

Où sont les hommes ?

Regardez-les qui s’auscultent la barbe, s’épilent les poils du dos et se débroussaillent le kiki (lire à ce sujet : enquête intégrale et boules à zéro (3) ). Regardez les vérifier dans un miroir, anxieux, l’état d’avancement de leur calvitie.

Oui, les hommes sont devenus des gonzesses.

 

Bon, trève d’apocalyptisme aïgu et de manif pour touffage : venons-en au fait.

 

La barbe, les poils dans le dos et la calvitie sont des problèmes presque essentiellement masculins. Et pourtant l’attention portée à ces questions vaut à leur propriétaire la qualification de « gonzesses ».

Intéressant phénomène.

Pourquoi ce paradoxe étrange ?

 

C’est bien simple, les femmes reçoivent en permanence des injonctions de la part des magazines à faire constamment attention à leur apparence.

Pas besoin de Big Brother*, Glamoule veille à ce que les femmes se surveillent elles-même. Les hommes, eux, pouvaient, jusqu’à il y a peu, batifoler gaiement dans la prairie de l’insouciance.

Mais petit à petit, Glaboule commence à faire son œuvre.

Dans un monde où l’apparence compte plus que tout le reste (et de plus en plus pour les garçons aussi), se regarder la graisse des coudes devient un passage obligé, et ce quel que soit l’organe qu’on a entre les jambes.

Les garçons commencent donc à se rendre malades dès qu’ils perdent un cheveu et comparent leur longueur de calvitie (ce qui change de l’habitude très masculine de comparer autre chose). Certains se désolent de leur « barbe à trous** » ou des poils qui parsèment leur dos (et qu’ils sont de plus en plus nombreux à faire épiler).

Nous avons déjà parlé dans « Chéri tu fais quoi ? – Je m’épile les sourcils » de la tendance à faire de plus en plus attention à eux des garçons (et au fait que c’était tout sauf un mouvement vers un monde merveilleux où chacun ferait ce qu’il lui plait pour être bien dans ses Tongs), donc nous ne nous appesantirons pas plus sur le sujet.

Mais revenons sur ce qualificatif de « gonzesse ».

Beaucoup d’hommes s’excusent du fait qu’ils parlent de sujets futiles en lâchant un petit : « Bon, on va arrêter les discussions de gonzesses ».

Quant aux femmes, elles ont tendance à regarder hilares le ou les mâles qui ont de telles préoccupations et s’exclamer en levant les yeux au ciel : « De vraies gonzesses».

Gonzesse, n.f : femme (péjoratif).

On postule donc ici que les femmes sont naturellement comme ça, en oubliant que c’est l’éducation et les médias qui jouent un rôle central dans le fait que les femmes se regardent sans cesse la cellulite, font des régimes aberrants à base de feuilles de carottes, se comparent constamment les unes aux autres (ou à des ciborgs issus de logiciels de retouche).

 

 

Il n’y a rien de naturel là dedans. Ce n’est pas l’essence d’une femme d’être coquette, ni de se faire des couettes, ni aimer faire la soubrette. On peut même dire que la seule essence d’une femme, c’est de ne pas avoir de quéquette.

 

si toi aussi ces sacs à main te font penser à autre chose, tu as l'esprit aussi tordu que moi !

si toi aussi ces sacs à main te font penser à autre chose, tu as l’esprit aussi tordu que moi !

 

Dire que c’est une attitude de « gonzesse », c’est aussi sous-entendre que cette attitude est dégradante, donc que les préoccupations des hommes sont plus importantes que celles des femmes.

Comme le dit la maxime : Les filles sont futiles, les hommes posent des tuiles***.

Alors, mesdames, je vous propose quelque chose. La prochaine fois que vous aurez une conversation sur un sujet futile, exclamez-vous : « Bon, on va arrêter d’avoir des conversations de gonzesse. »

Peut-être qu’en 2056, le dictionnaire ne définira plus « Gonzesse » par « Femme (péjoratif) » mais par « Futile ». (futé et utile non ?)

 

* Celui de 1984. Je précise, parce qu’il paraît qu’il y a une bouse télévisuelle qui utilise honteusement cette référence.

** ça ferait un bon nom de Barpababa non ?

*** Oui, cette maxime n’existe pas, comme d’habitude.

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