La culture du viol expliquée aux garçons

26 Mar

 

S’il y a une chose qui me rend malade, qui me donne la nausée, qui me donnerait des envies de violence comme j’en ressens très rarement, c’est le viol.

Et pourtant, j’ai la chance (et ça ne devrait pas être une chance, ça devrait être la normalité) de ne pas en avoir été victime.

Mais quand j’essaye d’alerter les gens sur la culture du viol, tout le monde a tendance à relativiser. A chercher des circonstances atténuantes au violeur, qui a mal interprété des signaux par exemple

Mais je pense que c’est aussi parce que les hommes ne se rendent pas compte de la réalité des choses.

Et pourtant, je crois avoir trouvé comment leur faire comprendre. Vous faire comprendre cher lecteur.

 

Nous commettons l’erreur, quand nous essayons d’expliquer la « culture du viol » à notre entourage masculin de parfois chercher à inverser les rôles.

On dit à un pote: « imagine une femme te viole ». Bon, là, on l’a déjà perdu en mode… « mmmh si seulement… ». Alors on se reprend : « Imagine une femme super moche te viole »… « ouuhhh ça dépend de mon taux d’alcolémie tu sais ».

Bon : « Imagine une vieille femme grosse avec de l’herpès te viole »…

Sauf qu’à ce point là, on a déjà raté notre argumentaire. Parce que ce n’est pas une question de beauté physique du violeur ou non. Se faire violer par un Dieu du Stade, c’est se faire violer quand même.

Donc je crois avoir trouvé la solution pour vous faire comprendre :

messieurs, et si c’était vous qui vous faisiez violer par un Dieu du Stade ? 

 

voilà, un mec comme ça, bien musclé, qui te maîtrise en 1 seconde 12

voilà, un mec comme ça, bien musclé, qui te maîtrise en 1 seconde 12

 

J’aimerais que vous vous concentriez quelques instants avant que nous plongions dans ce monde. Je suis désolée de le dire aussi crument, mais sinon vous n’allez pas vraiment vous représenter :

j’aimerais que vous imaginiez vous faire enculer.

Contre votre gré.

Il a plus de force physique que vous et vous ne pouvez ni fuir, ni lui péter la gueule (d’autant qu’il a peut-être un couteau sur lui).

Vous pouvez prendre quelques minutes pour bien vous représenter la situation. Ce que ça provoque dans votre corps de vous représenter cette scène. Pensez-y avec le plus de réalisme possible. Jusqu’à vous sentir mal si besoin.

 

Maintenant, nous allons exposer quelques situations auxquelles les femmes sont confrontées en imaginant que la « culture du viol » touche des hommes violés par des hommes :

 

  • Tu es rentré tard tout seul ? Comment tu étais habillé ?

Vous êtes allée en boite avec des copains et des copines. C’était une bonne soirée. Vous avez pas mal bu mais vous rentrez à pied, donc il n’y a pas de problème. Un copain et une copine vous proposent de vous raccompagner. Vous refusez. Ils n’habitent pas du tout dans le même quartier, et puis c’est bon, il y en a pour 5 minutes. Au détour d’une porte cochère, un mec vous demande du feu. Quand vous arrivez à sa hauteur, il vous attrappe par le bras et vous entraîne dans l’ombre.

Il vous viole.

L’agression crée une tétanie, liée à la surprise et à l’atteinte faite à votre intégrité. Vous ne vous défendez presque pas, alors que vous aviez toujours pensé que si on vous agressait vous n’hésiteriez pas à péter la gueule à l’agresseur. Vous ne criez pas, sur le moment vous n’y pensez pas. Et puis, cela créera un doute chez vous par la suite : votre esprit s’échappe pour oublier la douleur.

Et puis le type part en courant.

Vous vous retrouvez seul.

Vous rentrez chez vous en vous sentant sali.

Vous surmontez votre honte et en parlez au copain qui vous a proposé de vous raccompagner. Il s’en veut beaucoup de vous avoir laissé rentrer seul.

Sa copine demande comment vous étiez habillé. Vous aviez mis votre slim ? Celui qui vous moule les fesses ? Et vous êtes rentré tout seul la nuit ?

Pourquoi vous ne lui avez pas cassé la gueule ?

Vous n’osez pas dire que vous avez fui par la pensée. Parce que vous avez comme l’impression que c’était une forme de consentement. Alors que non. C’est un instinct de survie.

Mais qu’est-ce qui vous a pris ? Tout le monde sait bien qu’un homme qui rentre seul la nuit n’est pas en sécurité.

Finalement vous allez porter plainte, mais vous êtes incapable de décrire le violeur. Tout est allé trop vite. Le policier vous reproche d’être rentrée tout seul. Vous demande comment vous étiez habillé. Vous reproche d’avoir bu. Vous reproche d’être né homme et de crée le désir chez les autres hommes.

Depuis, la nuit, vous regardez à droite et à gauche constamment. Vous accélérez quand quelqu’un vous suit. Vous retenez votre souffle quand vous passez devant une porte cochère.

Et vos copines ne comprennent pas que vous soyez aussi flippé pour rien.

 

  • Mais qu’est-ce qui t’as pris de le laisser te ramener chez lui ?

 

Enormément de viols sont perpétrés par une personne de l’entourage. Parce qu’on fait confiance, et parce qu’on n’ose pas en parler. Et pourtant, il le faut. Pour protéger d’éventuelles futures victimes. Parce que l’impunité entretient la culture du viol. Le tabou autour d’un phénomène trop fréquent.

***

Un exemple pour ces messieurs : vous avez fait une petite soirée entre amis et vous faites une partie du trajet retour avec un copain que vous connaissez un peu et qui est vraiment sympa. Il vous propose de monter faire quelques parties de console.

Vous acceptez et montez avec lui.

Après quelques parties, il vous propose un whisky. Vous trinquez en vous regardant dans les yeux. Vous êtes un peu mal à l’aise. Tout à coup, il pose son verre et tente de vous embrasser. Vous le repoussez. Il commence à vous tripoter. Vous vous débattez, mais vous êtes beaucoup moins fort que lui. Il vous viole.

Vous n’osez en parler à personne. Vous avez peur qu’on ne vous croie pas. Vous avez peur de passer pour un gay (pour une fille, ce serait une trainée).

Finalement vous en parlez à un copain. Il vous dit : « Mais qu’est-ce qu’il t’a pris de monter chez lui ? Forcément il s’est fait des films. T’es vachement naïf quand même »… « Mais je lui ai dit non… Et puis, je suis allé plein de fois jouer à la console chez toi et il ne s’est jamais rien passé »… « oui mais tu sais souvent, les mecs comme toi, ils disent non mais en fait ça veut dire oui. On voit ça dans plein de films. Il a peut-être mal compris tes intentions... ».

A entendre les gens à qui vous en parlez, ce n’est pas vraiment de sa faute. C’est presque de la votre.

Finalement vos potes vous incitent à ne pas porter plainte. Ça va foutre la merde. En plus il vient juste d’avoir son agrégation et si ça se sait ça va briser sa carrière.

Oui, parce que sa vie passe avant la votre. Même si vous êtes détruit par ce qu’il s’est passé. Parce que vous êtes une victime, donc vous êtes faible. Donc tant pis pour vous et vos traumatismes.

Depuis, vous avez un peu peur de tous vos copains, surtout quand ils vous font des embrassades amicales. Vous voyez le mal partout.

Quand vous voyez une console de jeu, vous avez envie de pleurer.

 ***

Je pense que ces exemples seront suffisants. Mais on pourrait les multiplier : les attouchements dans les transports en commun, le harcèlement sexuel par un supérieur hiérarchique…

Alors chers amis, la prochaine fois que vous penserez qu’il y a quand même « pas mal de petites salopes qui ne demandent qu’à se faire baiser », dites vous que l’équivalent serait de dire, à votre sujet, que quand vous vous faites beau, que vous mettez une jolie chemise et un pantalon qui vous fait de belles fesses, ça envoie comme signal que vous aimeriez bien vous faire enculer.

Quand vous entendez qu’une fille s’est fait harceler ou violer. Imaginez que ce soit un de vos potes qui se soit fait enculer. Est-ce que vous vous demanderez comment il était habillé ? Est-ce que vous blâmerez votre pote ou le taré qui a fait ça ?

La culture du viol pourra être combattue quand on aura enfin compris que ce ne sont pas les filles qui appellent au viol mais les violeurs qui sont des enfoirés envers lesquels la société est bien trop indulgente.

Pour finir, j’aimerais dire à tout les violeurs, ou violeurs en puissance, qui se passent du consentement de la personne en face d’eux :

Allez vous faire enculer.

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20 Réponses to “La culture du viol expliquée aux garçons”

  1. Capucine 26 mars 2014 à 11:34 #

    Merci pour cet article. Je ne sais pas s’il va changer la face du monde (si seulement…), mais il fait du bien. Il donne d’autres arguments. Je crois que mes plus grosses frustrations, coleres, envies de vomir et de tuer sont dues a la culture du viol. Il y a du travail, mais c’est une petite pierre de plus pour la faire disparaitre!

  2. mkneib@gmail.com 26 mars 2014 à 14:28 #

    Un court métrage vraiment top sur la question que j’ai pu voir en festival, mais dont je n’ai trouvé que des extraits : http://vimeo.com/75290292

  3. Olivia 26 mars 2014 à 16:31 #

    Je n’ai pas réussi à trouver le cours métrage de Liam Engle, mais récemment je suis tombée là dessus :

    Je trouve que ça illustre assez bien cet article.

    Au passage, merci de m’avoir donner de nouveaux arguments pour expliquer l’atrocité de cette « culture du viol » à mon entourage masculin… je suis ingénieur en informatique.

    • lespiplettespoilues 26 mars 2014 à 16:58 #

      Les courts-métrages avec des inversions sont en effet assez répandus.
      Mais, malheureusement, et c’est ce que j’explique au début de l’article, les hommes ont tendance à ne pas considérer qu’être attouché par une femme, par exemple, serait si traumatisant que ça…

      tu me diras si ça a marché. Je l’espère en tous cas. Bon courage !

  4. urbaniak 3 avril 2014 à 17:20 #

    C’est une bonne initiative mais je pense que les garçons qui lisent ton article sont mentalement structurés pour comprendre ce qu’est la violence sexuelle, quand aux autres, il est probable qu’ils ne liront pas ton article…est ce une pierre à l’édifice ou un coup d’épée dans l’eau ? Tu as au moins le mérite de faire quelque chose…

    • Loup 7 avril 2014 à 21:48 #

      D’où l’importance pour les lectrices et « lecteurs avertis » de reprendre certains éléments de cet argumentaire dans les discussions avec leur entourage. Pour ainsi, chacun à petit échelle, faire changer les mentalités.

      Faut pas oublier que le violeur potentiel est un construit social !

  5. Gregory 4 avril 2014 à 17:00 #

    Super article et très bon début.

    Pour les gens qui lisent, n’oubliez pas que la culture du viol va beaucoup plus loin et de manière beaucoup plus saugrenue. Vous avez presque certainement dans votre entourage des personnes qui ont violé: une personne un peu ivre qui leur a pas dit non, leur copine qui s’est pas débattue parce que c’est vrai, assouvir les envies de son mec c’est un peu son devoir (et en plus dans leur tête un mec qui les aime va pas les violer quand même), etc. Pas le viol stéréotype de l’inconnu dans la rue, mais l’ami qui a toujours des bonnes blagues, apporte les bières et fait la vaisselle quand y’a besoin. Et quand vous entendrez ces histoires, vous aurez beau être contre les violeurs (« c’est des connards qui méritent de crever »), vous ne les croirez pas. Et moins vous les croirez, moins les gens oseront raconter ces histoires (en tout cas pas à vous). Combien il faudra qu’on vous raconte d’histoires avant de vous dire « ah ouais, ce gars là, c’est peut etre mon pote, c’est peut être un mec super sympa, mais c’est aussi un violeur »?

    La culture du viol c’est accepter les petites aggressions parce que « ça aurait pu être pire ». Une fille qu’on suit dans la rue: « oh c’est pas grave il l’a même pas touchée ». Une fille qui se fait attrapper par la manche quand elle veut pas parler à un mec: « oh ca va c’était juste pour attirer son attention ». Une fille qui se fait mettre les mains aux fesses: « oh ca va, j’vais pas te violer non plus ». Mais à chaque fois, la fille se dit « si quand je veux pas qu’il fasse quelquechose il le fait quand meme, comment je peux savoir que si je lui demande de pas m’embrasser il m’embrassera pas? comment je peux savoir que si je lui demande de pas me violer il me violera pas ».

  6. Marjolaine 4 avril 2014 à 20:45 #

    Bonjour,

    Sinon on peut aussi leur demander, à ces mecs qui « aimeraient » se faire violer par une fille, s’ils préfèrent un manche à balai ou un tesson de bouteille…
    L’article me dérange un peu car je le trouve hétérocentré. Mais c’est vrai qu’il est difficile de faire un renversement étant donné qu’une fille ne peut pas pénétrer un homme (ou une autre fille mais là n’est pas le sujet) grâce à un de ses organes, et un homosexuel comme un hétérosexuel peut se faire violer par un homme.
    Ce qui n’empêche que le principe est bien, tout est bien expliqué, bien écrit et il est nécessaire de faire comprendre aux hommes, mais aussi à des femmes, que ce n’est jamais la faute de la victime.

    • lespiplettespoilues 4 avril 2014 à 21:14 #

      c’était bien le but de l’article de faire comprendre la « culture » du viol, et non le viol en lui-même. Donc le fait que les gens reportent beaucoup la faute sur la victime et que les conseils faits aux femmes pour ne « pas se faire violer » semblent légitimes à la plupart des gens parce que tout le monde a intériorisé que les femmes inciteraient presque « naturellement » le viol.

      Après, bien sûr, toutes les configurations de viol sont possibles (même de femmes par des femmes bien sûr).

      Et, au passage, un homme homo n’apprécierait, je pense, pas non plus de se faire violer, fus-ce par un homme. Ce n’est pas une question d’orientation sexuelle ici (je ne dis pas que l’homme en question serait choqué parce que violé par un homme, mais parce qu’attaqué dans son intégrité)

      • Lapin 7 avril 2014 à 18:14 #

        Non. Tout le monde n’a pas « intériorisé que les femmes inciteraient presque ‘naturellement’ le viol ». Énormément de gens (hommes et femmes) sont effectivement inquiets à priori de voir leurs nanas ou leurs amies sortir en tenue légère, mais non pas parce qu’ils craignent qu’elles incitent à quoi que ce soit, mais bien justement parce qu’ils savent qu’on vit dans un monde de merde, peuplé d’un bon nombre de tarés qui s’en prennent aux plus faibles. Alors oui, je flippe quand mon amoureuse rentre seule le soir, d’autant plus si je sais que ses vêtements attireront les regards.
        Et je me fais violence pour ne pas lui conseiller de changer de tenue (je suis un libertaire), mais je l’enjoins toujours à encore plus de prudence.
        J’ai du mal à croire (je suis un optimiste) que les potes qui disent après une agression « t’aurais pas du porter une jupe courte » impliquent réellement un « salope, c’est ta faute », mais bien plutôt un « ma pauvre, on vit dans un monde de galeux où malheureusement tu ne peux pas te fringuer comme tu veux sans qu’un taré s’en prenne à toi, on n’a pas d’autre solution à court terme que se couvrir plus ». Même chose pour les flics, que pourtant j’ai du mal à porter dans mon cœur : je doute qu’ils soient foncièrement aussi cons dans leur approche, mais j’avoue humblement ne m’être jamais fait violer et donc ne pas avoir eu à subir ce genre de moments policiers…
        L’expression « culture du viol » me soulève le cœur autant qu’elle m’inquiète : croire qu’une volonté supérieure a injecté le viol comme composante de la société me parait surréaliste. Par pitié, virez cette expression, et remplacez la par une plus conforme à la réalité, une qui reflète l’ignorance, la bêtise, l’inhumanité ou la connerie congénitale de ceux qui le pratiquent ou s’en amusent… et non une prétendue pression culturelle.

  7. Sam Gav 5 avril 2014 à 07:58 #

    Article trop long et confus…

  8. Pérignon 5 avril 2014 à 08:25 #

    Super article! Merci pour nous, pour elles et pour eux. J’en ne peux pas m’empêcher de penser seulement, que les gros lordeaux ne prendront pas le temps de lire ces phrases jusqu’au bout, j’espere me tromper…

  9. Laurent 7 avril 2014 à 23:30 #

    Seul hétéro présent au milieu des homos venus à un anniversaire, je me suis fait coincé dans un angle par un grand suédois bien baraqué et visiblement attiré par moi, alors que je suis un petit parisien musclé comme …euh …pas musclé, en fait — autant dire que le coup du dieu du stade, ça m’a fait le coup de la madeleine de Proust.

    J’étais sur ma chaise, il a amené sa chaise face à moi et ses deux jambes d’athlète me barraient le passage de part et d’autre. Vous voyez le tableau ? Lui ouvert en grand et moi tassé au milieu. J’ai souris un peu gêné, et je n’arrivais pas à le freiner : je ne parle pas suédois, je ne voulais pas le vexer d’un geste brusque, il se rapprochait de plus en plus, avec un putain de sourire effrayant. Bah oui, ça devait être un superbe sourire de grand suédois à faire fondre les damoiseaux, seulement voilà, je suis hétéro et donc c’était flippant pour ma pomme.

    Tout s’est très bien terminé quelques secondes plus tard, quand les autres homos nous ont vus, et lui ont expliqué que j’étais hétéro. Il s’est excusé, visiblement navré et sincère, et puis voilà, fini, plus aucune tension, ouf.

    Je n’ai que ça comme expérience pour comprendre le viol. C’est peu et ça ne parait pas traumatisant — j’en connais qui vont se foutre de ma gueule — mais je peux dire que c’est très efficace comme leçon quand on a son propre cul dans la balance.

    J’aime regarder les jolies femmes, simplement parce qu’elles sont belles. J’essaie de ne pas le faire avec insistance, sinon je vais passer pour un crocodile (cherchez « projet crocodiles » sur le net, c’est excellent). La beauté des femmes, ça devrait être comme dans un jardin : les fleurs sont superbes, ce n’est pas une raison pour se rouler dedans comme des porcs en les écrasant.

    • Maillaita 9 mai 2014 à 11:49 #

      « C’est peu et ça ne parait pas traumatisant  »
      Le problème est bien là, justement. Il y a toujours pire ailleurs et à chaque fois qu’on minimise un traumatisme on fait le jeu de tous les agresseurs. Depuis les camps de concentration, y a toujours pire ailleurs. Est ce parce que je n’ai jamais connu ça que je ne dois pas souhaité un monde meilleur? Et que toute autre forme de violence n’est pas grave?
      Ce n’est qu’une main au cul, ce n’est qu’un viol, ce n’est qu’un meurtre, ce n’est qu’un génocide.

      • Laurent 20 mai 2014 à 09:26 #

        Quand j’écris « ça ne parait pas traumatisant », je m’adresse aux hommes qui pourraient se moquer de moi s’ils ne voient qu’une histoire qui les fait rire. Alors que cela les marquera certainement si ça leur arrive. Pas de minimisation ici, bien au contraire : c’est la description d’un progrès.

  10. Nayan 10 avril 2014 à 22:51 #

    Il y a eu récemment une vidéo du guardian où une journaliste se baladait dans la rue en tenant des propos salaces aux hommes, y compris en leur proposant cash de venir coucher avec elle.

    Et les mecs, globalement, étaient choqués, étonnés, et ne semblaient pas particulièrement empressés de raccompagner la demoiselle, bien qu’elle ait été par ailleurs plutôt jolie, du moins à mon sens
    => Même si je doute que ça fasse changer d’avis le mâle lambda, je pense que ceux qui, parmi ses « victimes » auront lu l’article réfléchiront peut-être à deux fois, ayant « vécu » un tant soit peu le quotidien d’une femme.

    Sinon, effectivement, je crains que parler du viol par un mec ne soit la seule solution à peu près fonctionnelle.
    Bonne chance.

  11. lespiplettespoilues 20 août 2014 à 18:02 #

    Un peu d’eau au moulin sur cette thématique (sur le fait que beaucoup d’hommes ne se rendent pas compte de ce qu’implique la peur de l’agression chez les femmes) :

    Un programme d’éthique sexuelle, qui est notamment dirigé vers les joueurs de football, consiste à leur demander d’écrire sur des tableaux blancs ce qu’ils font chaque jour pour éviter d’être harcelés sexuellement. La plupart ne savent absolument pas quoi répondre.

    Des femmes, choisies au hasard, sont ensuite introduites dans la pièce, et on leur pose la même question. Pour leur part, elles n’ont aucun mal à trouver des idées : « Je reste à l’entrée de l’ascenseur pour éviter d’être coincée au fond. » « Je m’assois à l’arrière du taxi et je fais semblant d’être au téléphone. » « J’essaie de m’asseoir à côté de femmes dans les transports. » « Je porte des baggy et des pantalons quand je sors mon chien – même en été quand il fait chaud. » Et ainsi de suite.

    Les femmes sont généralement surprises de réaliser à quel point elles ont intériorisé la menace sexuelle comme inévitable et omniprésente. Les hommes sont choqués de réaliser comment les femmes ont appris à gérer leur sécurité – presque inconsciemment.

    L ‘exercice montre que les hommes et les femmes ont une expérience très différente de l’espace public. Pour de nombreux hommes, l’espace public est soit un lieu dans lequel ils se sentent forts, soit quelque chose de neutre qui doit simplement être traversé. Pour presque toutes les femmes (ainsi que pour de nombreux hommes homosexuels et hommes d’autres groupes minoritaires) l’espace public est un lieu chargé de menaces, qui doivent être gérées.

    Voilà, c’était la petite anecdote du jour.

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  1. La culture du viol expliquée aux gar&cce... - 5 avril 2014

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