Problème existentiel féministe n°2 : être radine et féministe

4 Jan

La vie n’est pas un blockbuster américain et nous ne sommes pas des êtres unidimensionnels. Gentil et beau et courageux ou méchant et moche et lâche ou encore noir et drôle et personnage secondaire. Non, la vie c’est comme une boîte de chocolat : on peut être beau et con,  moche et courageux, noir et président des Etats-Unis.

On peut aussi être Bimbo et bûcheronne, comme en témoigne cette photo :

Appelons-la Cindy Bouchard, Bimbo Bûcheronne

Appelons-la Cindy Bouchard, la Bimbo Bûcheronne

Dans le langage sociologique, on appelle ce phénomène l’intersectionnalité. Cela signifie que chaque individu se situe à la rencontre de plusieurs univers sociaux, qui conditionnent sa position dans l’espace social de façon nuancée.

Pour vous aider à mieux comprendre, j’ai réalisé deux schémas qui finiront un jour au musée Power Point tellement ils sont beaux :

vie selon blockbuster américain

vie boite de chocolat

Ces schémas ne sont absolument pas scientifiques et ne démontrent pas grand chose, mais je pense que vous avez compris le principe.

Dans la vie, les gens ont tendance à faire des féministes un être unidimensionnel. Les féministes se doivent de correspondre à tous les clichés, sinon c’est inacceptable, comme nous l’avions expliqué dans le premier opus de ces problèmes existentiels féministes : être féministe et n’être ni vieille fille, ni lesbienne, ni moche ?

Or, à l’image Cindy Bouchard la bûcheronne Bimbo, les féministes sont des êtres plus complexes qu’il n’y parait.

Là, vous allez me dire : mais et le titre de l’article alors : quand est-ce qu’on va parler de radinerie ?

Nous y venons mes petits lapins.

Quand on est féministe, on se bat pour l’égalité entre les hommes et les femmes, pour avoir le droit d’inviter un homme au resto sans que personne ne soit choqué, pour pouvoir offrir des verres et s’acheter une boite de cigares cubains…

Quand on est radine, on aime bien se faire payer des trucs, on tort le nez à l’idée de payer une tournée à 36 personnes et on s’étouffe en voyant le prix des cigares cubains.

Donc on se trouve face à un dilemme : doit-on faire primer ses idéaux féministes ou son porte-monnaie ?

Doit-on se battre pour l’abstrait ou le concret ? Un combat qui nous coûte ou un coût qu’on cherche à combattre ?

J’en appelle donc à toutes les féministes radines de cette planète :

« Je vous ai comprises ! Je sais ce qui se passe en vous. Je vois ce que vous avez voulu faire. Je vois que la route que vous avez ouverte pour plus d’égalité, c’est celle de la rénovation et de la fraternité. Je dis la rénovation à tous égards. Mais très justement vous avez voulu que celle-ci commence par le commencement, c’est à dire par nos plus bas instincts, et c’est pourquoi me voilà. Et je dis la fraternité parce que vous offrez ce spectacle magnifique de femmes et d’hommes qui, d’un bout à l’autre, quelles que soient leurs convictions, communient dans la même ardeur et se tiennent par la main. »

Ça ne veut rien dire, c’est un peu du plagiat (coucou Charles de Gaulle) et ça ne fait pas beaucoup avancer les choses, mais avouez que ça en jette ! C’est un peu comme ça qu’on convainc les gens qu’on dit des choses intelligentes alors que ça ne veut rien dire..

Mais voilà que je m’égare tel un jeune daim fougueux à la vue d’une tartiflette…

Bref, il est temps pour tout le monde d’accepter que la vie n’est pas un film américain et que nous ne sommes pas des êtres entièrement cohérents. Donc toute féministe, comme n’importe quel bassiste, a ses petites tares (quoique le bassiste a plutôt des guitares).

Oui, vous êtes radines, et alors ? Vous avez quand même le droit de vous revendiquer féministe.

Parce que le féminisme ne se limite pas à un resto, un string ou une paire de… moustaches !

Donc, ce n’est pas parce qu’on ne colle pas tout à fait au schéma qu’il faut baisser le bras. Amies radines, n’ayez plus peur de renier votre féminisme et faites vous payer un resto de temps en temps si ça vous fait plaisir.

en un mot : Assumez-vous bande de moules !

P.S. : un jeu de mot vraiment pourri se cache dans cet article. Sauras-tu le retrouver ?

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3 Réponses to “Problème existentiel féministe n°2 : être radine et féministe”

  1. lespiplettespoilues 1 février 2014 à 20:34 #

    Un commentaire de Aude, qui nous l’a envoyé par mail :

    Être radine quand on gagne 25 % de moins que Machin, ça se justifie…
    et ça justifie en retour qu’on gagne 25 % moins, hein, on se fait payer
    le restau, c’est pas comme si on avait des injonctions à s’acheter des
    nouvelles fringues toutes les saisons et à passer chez l’esthéticienne
    tous les mois.
    J’aime bien le principe que si on invite c’est celui ou celle qui touche
    le plus qui fait cadeau, sans présumer de son genre. On a dit
    intersectionnalité, alors comme le critère économique me semble ici
    déterminant, c’est le/la riche blanc/he ou noir⋅e LGBT ou hétéro handi
    ou valide qui aligne. Féministes radines friquées, prenez vos
    dispositions en ce sens.

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  2. Question existentielle n°3 : Pourquoi les féministes sont toujours énervées ? | - 3 septembre 2015

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