Glamoule et Gaboule refont leurs chambres

11 Sep

Il y a deux ans, nous avions mené une enquête poussée et inédite sur le rangement des magazines en librairie, dans le célébrissime ( ?) article Glamoule et Glaboule font chambre à part. Cet été, je suis retournée sur les lieux du crime pour vous conter les mutations qui ont eu lieu en deux ans.

Et c’est un bouleversement : des magazines économiques et de motos pour les femmes, une avalanche de magazines féministes : la révolution est en marche !!!

Oui bon, en fait non…

En fait c’est un ravalement de façade sans avoir enlevé le papier peint à fleurs caché dessous…

Oups ! c'est peut-être pas comme ça qu'on met du papier peint en fait...

Oups ! c’est peut-être pas comme ça qu’on met du papier peint en fait…

Comme le dirait un proverbe chinois (cité par les Robins des bois) : « Rien ne sert de repeindre ta maison si les fondations sont pourries » (à 2:47 mais toute la vidéo est culte).

Pour ce qui est de la séparation géographique aire de jeux des femmes, aire des jeux hommes, rien de nouveau sous le soleil des tropiques de l’atlantique.

Aux rayons magazines féminins, les changements semblent encourageants, mais il ne faut pas regarder de trop près.

En fait, il y de de nouveaux magazines féminins concernant des trucs d’hommes qui en fait intéressent les femmes depuis longtemps et n’ont jamais été réservés aux hommes, mais comme on a mis tous les magazines intéressants côté mecs, on a préféré créer un magazine exprès pour les femmes, mais qui, il faut l’avouer, sont moins biens, mais vous allez pas vous plaindre non plus  (si toi aussi tu aimes les phrases infiniment longues tape dans tes mains).

  •  Les « premiers magazines féminins » concernant des domaines soit disant « réservés aux hommes » :

Automobelle – le premier féminin auto/moto féminin

Ça paraît tellement improbable au monde entier que des femmes puissent aimer la moto et les voitures que mon moteur de recherche corrige systématiquement « Automobelle » en « Automobile »… Finalement, elle est pas si « automobelle » la vie !

Le Mag – le premier magazine économique féminin.

Ah bon, parce qu’il y a une économie pour les femmes ? Apparemment oui.

« Avec ses trois filles, Christian Lancrenon lance le premier magazine économique féminin le 1er juin 2012 : Lemag. Ce magazine est un mix entre « ELLE », « Les Echos » et « Ça m’intéresse » (ouuuuh là ! y’a des magazines qui devraient éviter de se reproduire ensemble vous savez…). Une manière de parler de l’économie avec une approche différente, nouvelle et valorisante, adaptée à la femme du 21ème siècle. Au coeur de l’économie, la femme joue un rôle de plus en plus actif et influent dans notre vie quotidienne. L’objectif est de lui donner toute sa place. Ce magazine, d’un format A3, papier glacé d’une soixantaine de pages, va combler un manque dans le panorama médiatique actuel. La distribution se fera par abonnements et en kiosques ciblés. ».

pour regarder de plus près : http://www.lemag.co/flipbook.html

En fait, ce magazine promeut la vente directe et l’idée semble être que pour conjuguer vie de famille et économie, ce serait LA solution. Mais oui, mais oui, c’est l’idée rêvée pour les femmes ! Pourquoi n’y ai-je point pensé plus tôt ! Faisons travailler les femmes à la maison. Comme ça elles seront contentes, elles rapporteront des sous et elle pourront continuer à s’occuper de la maison.

Si la volonté du magazine de mettre en avant des profils de femmes qui ont réussi est très louable, le Mag essentialise quand même l’idée que femmes et hommes sont intrinsèquement différents. Il semble qu’ils aient jugé nécessaire de mettre un article sur les maillots de bain entre deux articles économiques pour permettre aux femmes de recharger les batteries.

Une section intitulée l’ « économie au féminin » explique aux femmes pourquoi c’est bien d’aimer l’économie et leur donne les clefs de base pour comprendre… en les prenant pour des grosses niaises.

Le ton est franchement condescendant et se base sur l’affirmation de but en blanc que les femmes sont nulles en économie et ne s’y intéressent pas. Et cela, alors même que 60,1% des étudiants en AES et 51,5 %  des étudiants en sciences économiques et gestion sont des femmes (chiffres INSEE).

Alors je vous le demande : les femmes sont-elles vraiment trop nulles pour comprendre les échos ? Est-ce nécessaire de faire un article sur David Halliday pour les appâter ?

  • Quand Causette se farcit Bridget

Autre changement notable dans les kiosques, la multiplication des magazines « féministes ». Je mets des petits guillemets parce que c’est difficile de définir ce qui est féministe et ce qui ne l’est pas. Et ça veut dire quoi un magazine « féministe » ? Est-ce qu’il peut être féministe sans le dire ? Est-ce qu’il peut le dire sans l’être ? Quel est le sens de notre vie sur terre ? Où est Charly ?

L’affaire qui a défrayé la chronique cet été est l’apparition du magazine « Bridget », un nouveau magazine féministe qui plagie Causette. Plus que le contenu lui même, qui est fort honorable et l’histoire même du plagiat (c’est plutôt chouette que les magazines féministes prolifèrent non ?), c’est plutôt l’équipe éditoriale qui pose problème. En résumé, le directeur de publication est une ordure, les articles ont été, semble-t-il, rédigés par des blogueuses sous-payées.

Ce qui est intéressant, c’est que cette histoire montre que les mentalités sont en train de changer.

En effet, si une affreuse ordure comme Truskolaski (qui est plutôt branché magazines people » a envisagé pouvoir se faire du fric en créant un magazine féministe, ça veut dire que le féminisme fait vendre. Donc ça veut dire que malgré tout un certain nombre de filles en ont marre de lire « Glamoule ». Peut-être même qu’un jour les magazines féminins arrêteront d’être des bouses pour devenir des magazines qui arrêtent d’abrutir les femmes avec des pubs de crèmes pour lifter la peau des coudes pour leur donner des contenus intelligents.

Bref, les changements dans l’univers merveilleux des magazines font plutôt Valérie Damidot qu’autre chose. On a collé des gros stickers partout. Et on a fait du Girly avec l’économie ou des copies de grande distribution de tendances féministes…

A dans deux ans pour voir s’ils auront repeint le rayon femmes couleur taupe…

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