A la recherche du (Fluide) point G

19 Mar

C’est à l’été 2011 que je suis tombée pour la première fois sur le magazine Fluide. G,  au hasard d’une flânerie en gare du fait d’un retard du à « des agents extérieurs à la SNCF ayant suicidé un cerf sur la voie ».

J’en étais arrivée au moment de la vie où lire en douce « c’est mon histoire » dans les Elle de ma mère commencait à perdre de sa saveur (notamment parce que l’idée que cela devrait s’appeler « c’est mon bobard » grandissait dans mon esprit… )

De même les Glamoules en tous genre commencaient à me taper sur les ovaires…. (si vous ne savez pas ce qu’est Glamoule : c’est par ici)

Au milieu des autres, j’ai trouvé le Fluide. G.

« Gribouillages et Galipettes ». Beau programme.

j’ai feuilleté, j’ai ri, je l’ai acheté.

C’était débile. Mais du débile décalé, pas du débile abrutissant comme les autres magazines féminins. Du débile bête et méchant au lieu d’être nunuche et d’avoir pour ultime but de pousser à la consommation.

Les « pubs » ressemblaient à ça :

En bad fluide G

comptoir fluide G

Et les pages modes à ça :

A partir de ce jour, j’ai acheté tous les numéros que j’ai pu.

Je dis bien « pu » parce que c’était le parcours du combattant pour le trouver.

D’abord parce qu’il était bi-quelque chose (-mensuel, -mestriel, -sexuel ?) donc je ne comprenais jamais quand il sortait. Mais aussi parce qu’il était impossible à ranger.

Comme vous le savez sans doute (car vous avez tous lu l’article « Glamoule et Glaboule font chambre à part), le rangement des magazines est une science bien moins innocente qu’il n’y paraît.

Or, Fluide. G. était inclassable.

Impossible de mettre le numéro « spécial grosse et moche » à côté du numéro « plus belle et plus mince pour l’été » d’un autre magazine.

Fluide.G

Souvent, il était classé, par dépit, à côté de Fluide Glacial, lui-même classé côté « hommes ». Plusieurs fois, je l’ai trouvé rangé du côté de GQ et autres Glaboules (pour ceux qui ne savent pas non plus ce qu’est Glaboule, c’est par là). Le message semblait clair : la couverture avait beau être rose fluo, ce type d’humour ne pouvait convenir à une demoiselle !

Accepter que les filles puissent rire à de l’humour noir parait impensable ! (notons par exemple l’inoubliable article de Maïa Mazaurette « 40 raisons d’être grosse et moche« , dont l’une des raisons était : « vous pourrez vous consacrer à des choses utiles comme raser des orphelinats en Afrique pour construire des puits de pétrole »)

« Causette » reste un magazine au sens traditionnel du terme. Il tente de lutter contre les stéréotypes, publie des articles engagés, fait des portraits de femmes trop cools…

Fluide. G, c’était le mimi cracra des magazines. Le magazine pour dire « merde » à tout le monde (surtout ses voisins de train alors qu’on lit un article intitulé : « »Le sex-toy du mois : la machine à laver », de la fiche pratique « joue-la comme Vladimir Poutine » ou de faire le test « Êtes-vous plutôt bisounours ou baise les ours ? »)

La palme du rangement revient au Relay de la gare de la Rochelle où j’’ai fini par le dénicher au rayon « chasse et pêche ». Après tout pourquoi pas, il y avait bien un article « comment pécho un mec de droite »… La chasse, La chope, la pêche… c’est un peu pareil tout ça !

A partir de ce jour, j’ai décidé de mener une enquête approfondie comme seul ce blog sait en faire. Parce que « les piplettes poilues » c’est ça avant tout. Je me suis un peu énervée récemment parce que les évènements étaient beaucoup trop urticants. Mais la neutralité scientifique, les études de fond, l’expertise poussée, la décortication des sujets les plus fondamentaux de la géopolitique mondiale, c’est ça qu’on vous offre sur un plateau rose et poilu. Comme la trilogie de l’épilation intégrale, et des boules à zéro, l’étude futuriste de la clope et la carotte ou l‘observation de la reproduction des escargots dans radiographie de la procrastination.

Bref, j’ai donné de mon corps pour la science, pour vous chers lecteurs : j’ai demandé le fluide G dans toutes les maisons de la presse où je suis allée, même si j’avais déjà le fluide G du bi-mois (oui, j’ai toujours pas compris quand est-ce qu’il sortait depuis tout à l’heure).

Le schéma se reproduisait presque toujours à l’identique : la première personne à qui je m’adressais levait les sourcils en répétant « Fluide G ? » – froncement de sourcils – « Fluide Glacial vous voulez dire…»; puis ils allaient voir leur collègue qui s’exclamait « ah mais si fluide G ! Alors, oui on en a eu mais je ne sais plus quand… je vais voir… alors… où est-ce qu’il est rangé ?… » (Comme quoi je ne suis pas la seule a ne pas tout comprendre des magazine bi-sexuels).

Souvent il n’y en avait plus ou pas. Ou peut-être ne voulaient-ils pas avouer qu’il avaient oublié l’avoir rangé au rayon « finances« …

Et puis, récemment, c’est devenu un peu trop récurrent alors, comme dans la célèbre série « les experts à Chef-boutonne », j’ai enfreint toutes les lois de l’éthique pour accéder à la vérité (cf : je suis allée sur la page Fluide. G sur facebook) et ai découvert que le magazine ne paraîtrait plus (c’est à ce point précis que vous venez de comprendre pourquoi tout l’article était au passé).

J’ai hurlé, j’ai pleuré, je lui ai promis qu’il serait irremplaçable dans mon cartable.

J’ai regardé le « Causette » du coin de l’oeil. « Causette » m’a souri, il m’a dit « Viens! On est bien ! » …mais les articles étaient un peu trop intelligents pour mon envie du moment. Alors j’ai dit à Causette qu’on en reparlerai dans quelques années, quand j’aurais décidé de me caser.

C’était décidé, je me retirais définitivement de la vie magazinitudinale. Sans Fluide. G, plus d’orgasmes : L’Excision du magazine.

Et puis, lueur d’espoir dans ce monde où la douce couverture fluo de Fluide G n’illuminait plus mes voyages en train, j’ai appris qu’un autre magazine, héritier de Fluide G, allait sortir le 4 avril.

Le magazine s’appelle Bisou.

Mots d’ordre : « Bipolaire, Immature, Saucisse-frite, Oups I did it again, Urbaine débranchée ».

Nous verrons donc très bientôt si du Bisou au Point G il n’y a qu’un pas…

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8 Réponses to “A la recherche du (Fluide) point G”

  1. Ibelieveinmiracles 26 mars 2013 à 14:54 #

    Roooooh bravo, tu as réussi à ce que je sois dégoûtée que ce magazine ne sorte plus, alors que moi-même je ne l’ai jamais lu… Oh bah y’a bien quelqu’un qui m’en avait lu quelques pages sous un soleil berlinois me semble-t-il mais bon à part ça. Raaaah je suis deg!!

  2. joe 5 juillet 2013 à 17:35 #

    Et bien dans Bisou, les pubs ressemblent bien mois à de bonnes blagues et ils te donnent des petits conseils pour choisir la bonne marque d’après shampoing ou un truc du genre. Bref, on a perdu le seul féminin satirique-gaucho qui nous restait…. Causette aussi me fait de l’oeil mais j’ai le coeur trop lourd, j’ai préféré me rabattre sur l’origine : Fluide Glacial!

    • lespiplettespoilues 12 juillet 2013 à 12:26 #

      Totalement d’accord avec toi !
      Bisou est beaucoup plus Soft (Comme la différence entre un bisou et un titillage de Point G. sans doute).
      Plus Soft veut sans doute dire que ça va plaire à plus de gens… Le côté « trash » laisse plus de place au côté « bobo-parisien » du style « je lis un magzine féminin mais pas trop ».
      J’attends de voir comment vont évoluer les prochains numéros…

  3. louloose 13 juillet 2013 à 19:23 #

    Ouais c’était bien Fluide.G. J’viens d’acheter le bisou n°2, et autant j’peux pardonner les vrais pubs (il faut bien vivre), autant les pages ou on me vend des articles de merde (j’peux me fringuer seule merci) ça j’peux pas. Et puis surtout, ce n’est vraiment pas aussi drôle… Snif

  4. Maelle 24 juillet 2013 à 01:47 #

    Je me disait bien ne plus voir de numéro aussi, j’en était une fana aussi, je suis tombé il y à peu de temps sur Bisou, ou en le feuilletant ça me semblais pareil mais c’est de loin les même conneries, bref c’est dommage qu’ils aient arrêtés.

  5. Lor Lucy S 3 décembre 2014 à 16:07 #

    Bonjour,

    Je viens de lire votre article avec attention.

    S’il s’agissait du premier avril, il est légitime de dire que vous vous êtes fait piéger par facebook.

    Votre information est fausse, fluide G est toujours en parution.
    C’est dommage de faire une fausse mauvaise publicité quand on aime un magazine…

    > Ou pourquoi le journalisme est un métier et non une improvisation…
    Il faut apprendre à vérifier ses sources.

    Je mets un lien d’abonnement vers Fluide G afin de compléter mon intervention.
    http://www.fluideglacial.com/abonnement/

    S’il s’agissait d’un arrêt momentané…
    > Ou l’utiliser de mettre ses articles à jour ou de supprimer les informations obsolètes.

    Désolée pour cette intervention, mais je lis des tonnes de bêtises tous les jours sur des blogs…
    > Ou l’intérêt d’écrire n’importe quoi que l’on pense vrai… Y’a des gens qui lisent de l’autre côté et qui prennent ce que vous écrivez (les blogueurs en général) pour argent content.
    Vous n’êtes pas responsable de la bêtise humain, aussi, il serait bon de penser à ne pas l’entretenir.

    • lespiplettespoilues 4 décembre 2014 à 11:11 #

      Bonjour,

      Je vous renvoie la balle pour ce qui est de la vérification des sources.
      Cet article concerne le magazine « Fluide G », un magazine féminin lancé par Fluide Glacial et non le magazine Fluide Glacial lui-même.
      Ce magazine ne parait effectivement plus et a été remplacé par le magazine « Bisou ».

      Enfin, je tiens à préciser que l’activité d’écriture de blog n’est, de mon point de vue en tous cas, pas un métier, comme peut l’être le journalisme. Le format blog permet justement de s’affranchir de la neutralité de l’information journalistique et proposer un contenu plus subjectif. Effectivement cela n’empêche pas de citer et vérifier ses sources et de donner des informations correctes. Cependant, je ne pense pas qu’il soit opportun de reprocher à des blogueurs leur manque de « professionnalisme ».

      Bonne journée!

  6. Astrid 17 août 2015 à 09:37 #

    Salut chère fan de fluide g.,

    J’aimerais savoir s’il est possible de s’en procurer encore, des anciens numéros je veux dire ?

    Merci mille,

    (Pas de majuscule à mon adresse mail of course)

    Astrid

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