On ne peut pas vivre sans différences, mais on peut vivre sans discrimination

10 Jan

« Si on laissait faire les féministe, nous gommerions toutes les différences. Nous deviendrions Individu 1 et individu 2… »

Ce genre de remarques fleurissent actuellement et sont d’autant plus présentes avec les nombreux et houleux débats sur le mariage pour tous.

Or, les féministe n’ont jamais revendiqué  le droit d’avoir elles aussi appareil génital masculin (même si certaines on revendiqué le droit d’avoir des poils (oui parce que les filles ont des poils en vrai (et elles font caca aussi (ça faisait longtemps que je n’avais pas fait une cascade de parenthèses ! )))).

Les hommes et les femmes resteront toujours différents (et il serait stupide de le nier). Les femmes auront toujours un vagin, de même que les noirs seront toujours noirs.

Mais toute différence n’engendre pas une inégalité. La différence est naturelle, l’inégalité est construite par la société. Les femmes ne sont pas naturellement inférieures, contrairement à ce qu’on essaye de nous inculquer depuis des siècles. D’ailleurs, le problème principal est que les femmes sont considérées comme un groupe homogène, un tout. Or, chaque femme est un individu avec sa personnalité, ses qualités, ses défauts. Certaines sont maternelles, d’autres font le tour du monde en bateau à voile. Certaines sont cuisinières (coucou Maïté !), certaines sont de talentueuses maîtres d’œuvre (coucou Valérie Damidot (ou pas)).

Et pourtant, les femmes sont considérées comme possédant des qualités et défauts intrinsèques en tant que groupe.

Ce gentil monsieur nous le confirme d’ailleurs (bienvenue en 2013 les enfants) :

http://www.rue89.com/zapnet/2012/12/10/est-ce-quune-femme-les-capacites-pour-le-faire-un-avocat-bordelais-sinterroge

Pour mieux illustrer ce fossé (que dis-je ce pic, ce cap, cette péninsule) entre différence et discrimination, prenons un exemple. Dans notre société, la couleur des yeux n’est pas la même selon les gens (d’ailleurs beaucoup de gens adorent dire qu’ils ont les yeux marron-vert ou « mais si regarde j’ai des tâches de gris, non ? »). On n’imaginerait pas que l’on puisse traiter les individus différemment selon la couleur de leurs yeux (à part quand on s’appelle Hitler mais ça c’est une autre histoire).

Imaginons un monde où il serait mal vu d’avoir les yeux bleus.

Michel a les yeux bleus. Eh oui, pas de chance, il commence mal dans la vie. Les yeux bleus sont plus sensibles que les yeux marron. Les gens qui ont les yeux bleus fatiguent donc rapidement quand ils travaillent sur un ordinateur. Ils sont plus sujets à faire des conjonctivites, donc à prendre un arrêt maladie. Les yeux bleus étant cependant considérés comme beaux, les gens ayant les yeux bleus auraient cependant plus de chance de se marier, d’avoir des enfants… Donc un investissement moins grand dans le travail avec plus de demandes de vacances, des jours d’absence quand les enfants sont malades…

Les gens aux yeux bleus étant souvent blonds, figure faisant penser aux anges, seraient considérés comme des gens plus doux. Moins ambitieux ils seraient plutôt orientés vers des métiers du social, de l’accompagnement, avec peu de responsabilité et de perspectives de carrière…

Du coup, les gens aux yeux bleus souffriraient d’un préjugé négatif. Face à deux candidats aux compétences identiques, un employeur préférerait choisir celui aux yeux marron. Ce serait presque un réflexe, même pas un choix conscient.

Les gens n’y peuvent rien s’ils ont les yeux bleus. Pas plus que d’être une femme, ou noir, homosexuel, séropositif ou handicapé.

Notre société a tendance à vouloir mettre à tout prix les gens dans des cases de la « normalité ». Il serait « normal » pour tel individu d’avoir telles aspirations, tel trait de personnalité.

Les femmes seraient par exemple plus douces, moins ambitieuses…

Prenons deux femmes, qui ont de nombreuses ressemblances : elles sont blondes, ont les yeux bleus, sont sur ces photos habillées (presque) pareil, sont des « filles de », leur nom dit quelque chose à a pe près tout le monde en France et pourtant qui oserait considérer que Marine Le Pen et Paris Hilton sont douces ou peu ambitieuses ou même à mettre dans le même panier ?

 marine le pen Paris Hilton

Mais on pourrait multiplier les exemples de généralisations avec les Réunionnais feignants, les gays étant destinés à devenir coiffeurs et portant des tee-shirts moulants col en « V » et les petits écoliers de Lu n’étant que pour les enfants.

Si les femmes n’étaient plus discriminées, Marine le Pen et Paris Hilton n’en seraient pas moins différentes. Chacune a sa personnalité, sa vision du monde et ce n’est pas un utérus, une attirance sexuelle ou une préférence pour la pâte feuilletée qui y change quelque chose.

Si on abandonnait cet étiquetage stupide, donc si on arrêtait de discriminer les gens sur leurs différences, peut-être que les gens ne seraient pas extrêmement surpris que Thomas Gareth (Rugbyman britannique) soit gay et que Matt Pokora soit hétéro :

thomas-gareth

matt pokora

Réfléchissez à cela le jour où vous devrez embaucher quelqu’un : une femme, un handicapé, un réunionnais ou mangerez un petit écolier de LU…

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Une Réponse to “On ne peut pas vivre sans différences, mais on peut vivre sans discrimination”

  1. Capucine 10 janvier 2013 à 18:47 #

    Merci de mettre sur papier ce que je pense, et de clarifier intelligemment! Je fais tourner. 🙂

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