Slut up !

6 Oct

Pour la 2ème année consécutive, une « Slut Walk » est organisée aujourd’hui dans 9 villes de France (Toulouse, Lille, Lyon, Strasbourg, Paris, Caen, Rouen, Rennes et Bordeaux).

Une Slut Walk, ou « marche des salopes » et un charmant petit défilé de filles habillées en pétasses. Quiconque les verrait passer se dirait qu’elles ont craqué leur string. Et pourtant…

Commençons par faire un peu d’histoire :

Once upon a time, dans une classe d’université à Toronto, un gentil petit policier a mis en garde les jeunes filles en fleurs de l’assistance : « si vous arrêtiez de vous habiller comme des salopes, vous vous feriez moins agresser ».

Et BIM ! Tu t’es fais violer ? C’est de ta faute, bitch !

Les canadiennes ne l’entendant pas de cette boucle d’oreille ont décidé que s’il voulait de la salope, il allait en avoir.

Et la Slutwalk est née.

De nombreuses filles sont allées défiler habillées en prostiputes pour protester contre cette affirmation macho. Certaines sont même venues nues, comme à la Slutwalk de Berlin l’année dernière. Venir nue lançait un message clair : cette stigmatisation trouve son origine dans la représentation du corps de la femme. Le vêtement n’a rien à voir là-dedans, il n’est qu’une excuse pour justifier des attitudes et des actes intolérables.

Les hommes devraient ranger leur quéquette dans leurs pulsions perverses avant de porter des accusations aussi sexistes. Mais les hommes ne sont pas les seuls et lorsque des femmes demandent « Comment était-elle habillée ? » quand une fille se fait agresser, elles participent au mouvement de « Slut shaming » (mais nous reviendrons dessus plus en détail dans un article à venir)..

D’ailleurs, ce sont souvent les mêmes hommes (et femmes) qui disent que les femmes qui se promènent en burqa sont un scandale. Trop émancipées ou trop soumises, trop dévoilées ou trop cachées… Les femmes semblent ne jamais correspondre à ce qu’on attend d’elles.

Tout l’intérêt de la Slutwalk est là. Il s’agit de dire « Merde » à tout ça. Laissez les femmes disposer de leur corps et donc de son emballage comme elles l’entendent.  Et arrêtons de culpabiliser les victimes (parce qu’elles n’auraient pas du être dans ce quartier seules la nuit, qu’elles n’auraient pas du porter ces vêtements…).

Ce mouvement marque une évolution importante de la pensée féministe. Alors que par le passé, les discours féministes avaient plutôt les « pétasses » dans le Slutimateur. Parce qu’elles feraient preuve de soumission en voulant plaire, parce qu’elles feraient passer les femmes pour des objets sexuels (ou sans cervelle)…

La Slutwalk tend à libérer les femmes de la double contrainte : « tu ne seras point couverte de poils revendicateurs si tu ne veux pas finir vieille fille » vs « tu ne seras point trop féminine sinon tu ne réussiras jamais dans ta vie professionnelle ».

Notre propos s’éloigne ici du thème des agressions sexuelles et pourtant, c’est parce que cela découle d’une vision plus générale de la femme. L’image de la femme est qu’elle est par nature tentatrice et que les pauvres hommes plein d’hormones ne peuvent qu’être tentés. Donc par définition, toute femme serait attentable.

Les vamps présentent dans ce sketch qui n’a pas pris une ride leur théorie que tout femme est attentable.

 

Et pourtant, quelque chose m’a gêné à la Slutwalk de l’année dernière à Berlin. Au départ, j’ai cru que c’était le flou régnant dans le mouvement : certain(e)s semblaient n’avoir pas trop compris le but du mouvement, certains panneaux invitaient à lutter contre le capitalisme, d’autres concernaient davantage la question de l’homosexualité…

Mais en fait j’ai fini par mettre le doigt dessus : de nombreux hommes aussi s’étaient habillés en pute. Que des hommes veuillent soutenir le mouvement est une très bonne chose. Mais mettre une mini-jupe en skaï et des bas résilles n’est peut-être pas le choix le plus approprié.

Alors que les femmes militent pour le droit de s’habiller comme elles veulent, ces hommes semblent montrer que s’habiller de façon féminine est de toute façon ridicule. D’autant plus que dès qu’un homme se déguise en femme, il a tendance à « faire sa salope ». Donc l’image que les femmes s’habillant de façon provocante cherchent du sexe (même si elles disent « non » quand on leur fait des avances). Si la société parvient à penser d’abord : « les violeurs sont des malades » avant « les femmes l’ont bien cherché », on aura déjà franchit une grande marche (de salope). Alors, jeunes filles : « Slut up ! »

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Une Réponse to “Slut up !”

  1. Gaëlle H 7 octobre 2012 à 20:23 #

    Tours a également marché ! Nous étions 10 villes à marcher 😉
    https://www.facebook.com/pages/Slutwalk-Tours/369487686455796?fref=ts

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