Faire passer la pilule

2 Juil

Comment se fesse que je n’aie pas encore abordé le sujet de la contraception ? Je ne sais pas. En lisant un article sur le sujet, je me suis rendue compte de cet oubli fâcheux.

Et pourtant, mes rendez-vous chez le gynécologue sont toujours des grands moments d’anthologie (à tel point que le récit en est fait aux repas de famille, où tout le monde rit allègrement, tandis que j’ai envie de me cacher dans ma culotte).

Par exemple, à mon premier rendez-vous, le gynécologue a explosé de rire parce que j’ai commencé par enlever ma montre et mes boucles d’oreilles… Le stress, l’habitude de commencer par enlever ça quand je me déshabille… Bref, ça commençait bien pour me sentir à l’aise !

A la fin du rendez-vous, il m’a prescrit la pilule. Après longue méditation sur la question, j’ai décidé de ne pas la prendre.

Au deuxième rendez-vous, il m’a demandé comment ça se passait avec la pilule. J’ai répondu que « pas », vu que j’avais décidé de ne pas la prendre. Effaré, il m’a demandé :

« – Mais comment tu fais alors ?

–       Beh, il y a les préservatifs.

–       Mais c’est risqué, les préservatifs ça craque !

–       Bah il faut prendre de la bonne qualité ! »

Explosion de rire à nouveau. Il l’a marqué sur son compte rendu de consultation: « je note : prendre de la bonne qualité. »

Depuis, je me suis définitivement retirée des consultations gynécologiques.  j’ai abandonné toute sexualité et je vis dans un couvent…

Comment ça pas crédible ?

Bref, dans l’imaginaire collectif, de nos jours, en dehors de la pilule point de salut. La plupart de mes copines sont très étonnées quand elles apprennent que je ne la prends pas. Ce qui prouve que c’est la prendre qui est devenu la norme. Je ne nie pas ici les progrès en matière de libération sexuelle et la sécurité que procure la pilule (je n’exclus pas d’ailleurs de la prendre un jour).

Cependant, la libération sexuelle a fait place à un autre assouvissement. Généralement celui à une alarme sur le téléphone portable, te rappelant que si tu oublie la sacro-sainte « pilula », tu risques de sous-louer ton corps (au moins provisoirement).

 

Une question fondamentale se pose : pourquoi les autres moyens de contraception ne sont-ils pour la plupart pas remboursés ? et une autre question : pourquoi, alors que dans le domaine informatique, les évolutions sont exponentielles, les évolutions en matière de contraception sont-elle si lentes ?

Le site http://www.choisirsacontraception.fr permet de trouver des informations sur le sujet. (personnellement, j’adore le petit préservatif qui grandit au fur et à mesure que la page charge)

On y découvre que la pilule n’est pas le seul moyen de contraception disponible : patch, implant, stérilet, anneau… Mais à la lecture des effets secondaires, des pourcentages de fiabilité et des prix moyens, la pilule semble gagner haut la main le concours de la contraception la moins chère et la plus efficace.

Le site propose également des vidéos très amusantes utilisant le système de l’inversion des places. Et si c’étaient les hommes qui tombaient enceintes ?

 

Ces vidéos nous incitent à réfléchir à un point important (en partant ici du principe que le préservatif est une contraception « partagée ».) : Quid de la contraception masculine ?

Ah bah non ! Quelle idée !

La contraception masculine, ce serait priver les hommes de leur virilité, ce serait les priver de ce pouvoir reproducteur infini. Grand dieu ! Tout mais pas ça !

Priver les femmes de leurs hormones c’est beaucoup plus normal. Et puis, c’est pas plus mal en fait quand on y réfléchit: ça leur évite les sautes d’humeurs… ça limite aussi leur libido mais bon… il faut bien faire quelques sacrifices pour la bonne cause non ?

Et pourtant, ce serait techniquement possible, comme l’explique un article de Doctissimo datant de 2003 ! http://www.doctissimo.fr/html/dossiers/contraception/articles/7110-contraceptif-masculin-enfin-efficace.htm

Il serait même possible d’envisager une formule combinée qui ferait que les deux prenant un contraceptif, ils seraient moins contraignants et le risque de tomber enceinte également.

Bref : un peu d’imagination et d’ouverture d’esprit serait profitable. Mais pour que les hommes acceptent un jour de jouer un rôle prépondérant dans la contraception, il faudra de gros effort pour faire passer la pilule…

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Une Réponse to “Faire passer la pilule”

  1. Ellie 11 août 2012 à 02:58 #

    je suis tout à fait d’accord ! Mon copain semble dire que si je tombe enceinte, comme je prends la pilule, ça sera de ma faute. Donc il n’aura pas à assumer. Donc en plus de vivre de contraintes pour qu’ils n’aient pas de mioches, c’est sur nous que repose toute la faute. J’ai déjà demandé à mon compagnon s’il paierait la moitié de la pilule contraceptive si elle n’était pas remboursée par la sécu… Sa réponse : « bah non, pourquoi JE paierais? c’est TA pilule ! » Par contre, avoir un enfant, non non il ne veut pas… Va falloir m’expliquer leur logique.

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