Je suis une femme mais je me soigne

29 Juil

Lorsqu’on parle d’égalité homme-femme, existe un présupposé tenace : L’égalité, c’est la possibilité pour les femmes d’arriver socialement au même niveau que les hommes.

En résumé, pour être l’égal des hommes, les femmes doivent plus ou moins devenir des hommes.

J’entends déjà vos cris outrés : « quoi ? Mais non mais pas du tout ! Elle n’a rien compris ! »

Et pourtant, réfléchissez-y.

Pour se faire embaucher dans une entreprise, une femme doit faire croire que la reproduction n’a jamais au grand jamais été un objectif pour elle : « Je déteste les enfants ! D’ailleurs c’est bien simple, quand j’en vois un je vomis. Et je me suis fait ligaturer les trompes à 12 ans. »

Pour arriver dans les hautes sphères du pouvoir, au-delà du fameux plafond de verre, il faut montrer qu’on a des couilles. Eh oui, ni plus ni moins !

(NB : cela ne marche plus pour être pape puisque le tater de testicule est un passage obligé pour avoir le droit de faire des bulles).

Regardez Miss Thatcher, Mme Lagarde, Dilma Roussef  ou encore Martine Aubry…

The Iron Lady

Dilma Roussef, présidente du Brésil

christine Lagarde, Présidente du FMI

Martine a la frite

On a trouvé mieux comme égéries de la féminité…

Elles ont les cheveux courts, un regard dur, de la poigne… On n’a pas très envie de leur tirer les couettes.

Elles ont du montrer qu’elles avaient les mêmes compétences que les hommes, au point de ressembler aux hommes qui les entourent. Comme dit le dicton (que je viens d’inventer) :

Femme à moustache, douée à la tâche.

Le problème majeur est qu’une femme qui met en avant sa féminité a de grandes chances de ne pas être prise au sérieux. Une femme jolie, féminine, drôle ET compétente, c’est louche.

Elle a du coucher pour réussir, c’est impossible autrement…

Dans l’univers quasi-exclusivement masculin du pouvoir, les codes, les règles, les modes de fonctionnement ont été mis en place par les hommes pour des rapports entre hommes. Les femmes qui décident d’entrer dans le jeu doivent se plier aux règles, sinon elles reçoivent un carton rouge.

Par contre, je vous arrête tout de suite sur les délires consistant à dire que si le monde était dirigé par les femmes tout irait beaucoup mieux. Certains avancent par exemple l’idée qu’elles ne prendraient pas des risques inconsidérés et que si « Lehman Brothers » s’était appelé « Lehman Sisters » il n’y aurait pas eu de crise financière.

Alors oui on peut imaginer qu’elles seraient plus pondérées, qu’elles feraient des choix raisonnables et établiraient des rapports moins basés sur des rapports de force, qu’elles n’agresseraient pas sexuellement les hommes de ménage…

Bref que le monde entier ressemblerait à un joli cocon familial tout rose et froufrouteux.

Mais en disant ça, on réduit justement les femmes à leur féminité (si tant est d’ailleurs que la féminité relève de la famille, le rose et les froufrous, ce dont je doute, grâce à F. qui l’a bien pointé du doigt en commentaire).

Wow wow wow stopwakedown !

Nous avons eu la chance inouïe d’avoir des femmes incompétentes au pouvoir (que je ne citerais pas pour ne pas entrer dans la polémique), des femmes impliquées dans des régimes atroces (Eva Brown, la dulcinée d’Hitler, Jiang Qing, la femme de Mao qui a joué un grand rôle dans la révolution culturelle…) pour nous prouver que « Non », les femmes ne sont pas des sur-hommes.

L’égalité, la vraie, ce serait de reconnaître que certaines femmes sont aussi avides de pouvoir,  incompétentes ou mêmes méchantes que certains hommes. Ce serait d’être à l’écoute de ce que certaines femmes peuvent apporter, par une vision peut-être différente des choses. Laisser s’exprimer un point de vue féminin, sans réduire les femmes à leur féminité, mais sans  la nier non plus.

En fait, le problème fondamental semble être dans la représentation négative qu’a la féminité dans le monde du travail. Donc l’égalité sera sans doute réellement atteinte, quand les hommes pourront librement exprimer leur part de féminité dans leur vie professionnelle !

Pour lire notre article sur la part de féminité masculine, c’est par ici.

En fait le problème fonda est dans la représentation

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10 Réponses to “Je suis une femme mais je me soigne”

  1. F. 29 juillet 2011 à 14:42 #

    Je suis assez d’accord avec toi sauf sur un point : quand tu parles de la féminité ou pas de certaines femmes politiques.

    Je te trouve un peu cliché quand tu réduis la féminité à la jupe et aux cheveux longs (ce que tu n’as certainement pas intentionnellement fait).
    On ne voit certes pas beaucoup de femmes du genre de celles que tu qualifies de « féminine » et qui n’ont pas le côté « maternel » de la féminité dans les enceintes du pouvoir. Mais ces femmes là sont autant des femmes que Claudia Schiffer (complètement dépassé comme mannequin, oui je vis encore dans les années 1990 ^^).
    Il est vrai qu’il faudrait savoir si c’est pour réussir qu’elles sont devenues comme ça ou si elles ne sont simplement pas le cliché de la femme qui s’habille en jupe et élève ses enfants…
    Je pense qu’il manque certes une représentation de ces femmes, qu’on devrait aider à accéder au pouvoir et aux hautes fonctions (pour que les enfants ne soient plus un boulet pour une carrière) mais laissons aussi le droit aux femmes de ne pas vouloir d’enfant et de vouloir uniquement une carrière… comme nous devrions laisser aux hommes qui veulent s’occuper de leurs enfants cette possibilité d’ailleurs!
    Je veux dire par là qu’il faut, si la femme est l’égale de l’homme, laisser le droit à certaines femmes de ne pas vouloir d’enfant et d’avoir une vie de bohémie sexuelle (voire boulimie ^^) à la Barney Stinson (quoiqu’il existe le personnage de Samantha dans Sex and the City). Laissons tranquille Samantha, son appétit du sexe et son dégoût des gosses! (on ne peut d’ailleurs pas lui nier sa féminité ^^)
    Je pense pas que vous devez stigmatiser certaines femmes moins « féminines » mais plutôt demander à ce qu’il y ait toute la palette des représentations de la féminité au sein de la politique et du pouvoir 🙂 (oui mon monde de bisounours serait comme cela 🙂 ).
    J’aime tout de même cet article militant 🙂

  2. Maïlys 29 juillet 2011 à 19:22 #

    je ne suis pas très au fait du sujet, mais dans les nanas à la recherche du pouvoir, yen a une qui était mannequin, qui serait enceinte et qui est la première dame de France en ce moment. certes, ce n’est pas une position aussi importante que chef d’état ou présidente du FMI mais c’est déjà quelque chose.
    Il y a des femmes comme Liliane Bettencourt qui ont des postes très importants – dans le domaine de la beauté, je l’accorde – et à qui on reproche de ne pas être des mères aimantes. Mais c’est vrai que pour autant, tout le monde se contre-balance de savoir si Bayrou est un bon père de famille…
    Par contre, là où une autre forme d’égalité vient enfin d’être accordée (j’étais même choquée de savoir que ça ne l’était pas avant), c’est la possibilité d’être militaire américain et homosexuel(le). Il faisait meilleur être une femme que gay… j’imagine donc qu’il valait mieux être femme pour prétendre à monter en hiérarchie, qu’homme homo.
    …. j’ai un peu beaucoup perdu le fil de ma pensée, non?

  3. Arnaud 29 juillet 2011 à 21:49 #

    Alliot-Marie, Président du FMI?! T’as craqué Matou?

    • lespiplettespoilues 30 juillet 2011 à 10:21 #

      je vais utiliser la technique la plus prisée des professeurs : « C’était pour voir si vous étiez attentifs… »
      ou alors peut-être jouer la mauvaise foi : « Mais de quoi tu parles ? J’ai marqué Lagarde depuis le début ! »

      Merci en tous cas, oui j’ai complètement craqué, je crois que j’ai mangé trop de currywurst et que ça nuit à mon discernement

  4. lespiplettespoilues 30 juillet 2011 à 10:18 #

    @ F. :

    J’avoue avoir eu assez de mal à écrire cet article, surtout parce que je ne voulais pas tomber dans les clichés : femmes = mère, cheveux longs etc. (mais je le dis bien dans l’article, les femmes ne sont pas QUE leur féminité).

    Dans ce contexte, la féminité pourrait se définir par ce qui différencie les hommes et les femmes. Mis à part des différences plastiques, les femmes assument leur féminité aussi par l’existence d’un certain potentiel de séduction (qui peut passer par des jupes, des cheveux longs, du maquillage… bien que de nombreux autres facteurs entrent bien sûr en ligne de compte) qui ne devrait pas être considérés comme humiliant ou dégradant pour la femme.
    En cela je te rejoins sur le droit de vouloir s’envoyer en l’air comme on l’entend ou de ne pas avoir d’enfant. Mais justement, depuis quand jupe = mère ?

    Ces femmes au pouvoir restent des femmes, il n’y a aucun doute là dessus, mais elles rejoignent justement ce schéma que les femmes doivent éviter de trop mettre en avant leur féminité pour êtres prises au sérieux. Je ne dis donc pas que les femmes au pouvoir devraient toutes être ultra féminines mais qu’elles devraient avoir d’avantage la possibilité de l’être.

    • F. 2 août 2011 à 12:11 #

      @Maïlys : dans l’armée il faisait meilleur d’être femme qu’homo, mais dans la société, on reproche aux homos d’être trop « efféminés » donc trop « femme » par conséquent les femmes sont inférieures aux homos masculins (parce que les homos gardent quand même ce qu’ils ont entre les jambes héhé).
      Désolé mesdemoiselles mais vous êtes inférieurs à tous les hommes, même les sous-hommes que sont les homos (ironie)!
      @Mathilde : On te pardonne pour Lagarde, je l’ai toujours confondu avec MAM 😉

      • Maïlys 3 août 2011 à 04:00 #

        haha, bien lancé ;p

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